Depuis la fin de l'exemption de minimis en Europe au 1er juillet 2026, les taux du fret aérien entre la Chine et l'Europe remontent progressivement après plusieurs mois de chute. Les derniers chiffres publiés à la mi-septembre confirment la tendance, mais ils pointent aussi vers un facteur qu'on oublie souvent quand on ne regarde que les indices de capacité : le prix du carburant aérien, qui a littéralement doublé sur un an.
Ce que dit l'indice Baltic Air Freight
Selon les données de l'indice Baltic Air Freight (BAI00), calculé par TAC Index, l'indice composite a progressé de 0,9 % sur les sept jours précédant le 21 septembre 2026, portant la hausse annuelle à 20,9 %. Sur les liaisons qui concernent directement le sourcing en Chine, Hong Kong vers l'international (BAI30) gagne 0,3 % sur la semaine et 19,6 % sur un an, tandis que Shanghai (BAI80) progresse de 0,6 % sur la semaine et 19,7 % sur un an. Deux chiffres qui confirment que la reprise déjà observée mi-septembre se poursuit sur l'axe Chine-Europe, après plusieurs semaines où la capacité s'était littéralement effondrée sous l'effet de la nouvelle taxe de 3 euros.
Le vrai chiffre qui compte : le carburant
Ce qui frappe le plus dans ces données, ce n'est pas la hausse des taux eux-mêmes, c'est sa cause principale. Le prix du carburant aérien a grimpé de 116,5 % sur un an au 18 septembre 2026, selon la même source. C'est un niveau qui dépasse largement la hausse de la demande ou les contraintes de capacité : il s'agit d'un coût structurel qui se répercute mécaniquement sur les surcharges carburant facturées par les compagnies cargo, quel que soit le volume transporté. Concrètement, même si la demande e-commerce reste sous pression depuis l'instauration du droit de douane de 3 euros, les taux ne redescendront pas au niveau d'avant tant que le carburant reste à ce prix.
Ce que ça change concrètement pour vos commandes
Pour un vendeur qui sourcing en Chine, cette hausse se traduit directement par une ligne supplémentaire sur la facture de transport, que le produit parte en express ou en fret aérien classique. C'est un des multiples facteurs qui expliquent pourquoi le prix du transport ne se limite jamais au simple tarif au kilo affiché : carburant, surcharges saisonnières et taxes douanières s'additionnent et varient d'une semaine à l'autre. Autant intégrer cette volatilité dans son calcul de marge plutôt que de la découvrir sur la facture finale.
Un calendrier qui n'arrange rien
Cette hausse tombe une semaine avant la Golden Week chinoise (du 1er au 7 octobre), une période où la demande de fret grimpe traditionnellement avant la fermeture des usines. Les vendeurs qui doivent absolument recevoir leurs commandes avant début octobre ont intérêt à confirmer leurs expéditions dès maintenant plutôt que d'attendre la dernière semaine de septembre, où les capacités aériennes vont encore se tendre.
À retenir
La hausse actuelle du fret aérien Chine-Europe n'est pas qu'une question de reprise de la demande post-taxe de 3 euros : le carburant, en hausse de plus de 116 % sur un an, en est le principal moteur. Un facteur qui ne dépend pas du volume que vous expédiez, et qu'il vaut mieux anticiper dans son budget transport plutôt que découvrir après coup en suivant sa commande.



