La Golden Week chinoise, du 1er au 7 octobre 2026, est traditionnellement une période de ralentissement pour le fret maritime : usines fermées, ports moins actifs, armateurs qui réduisent leurs rotations. Cette année, c'est l'inverse qui se prépare sur l'axe Asie-Europe du Nord, et la facture va se payer en octobre.
Une envolée de capacité inhabituelle
Selon les données du cabinet Sea-Intelligence, la capacité déployée sur les quatre semaines encadrant la Golden Week atteint environ 1,5 million d'EVP, soit 27 % de plus qu'à la même période en 2025 et 60 % au-dessus de la moyenne d'avant-crise sanitaire. Sur la seule semaine de la Golden Week, la hausse atteint 63 % sur un an, puis 39 % la semaine suivante.
La cause n'est pas une décision stratégique des armateurs mais un effet d'engorgement : la congestion portuaire des dernières semaines, dont le pic record observé à Shanghai et Ningbo mi-septembre, combinée à des retards d'escale, a créé un effet de paquet, avec 12 doubles rotations concentrées sur deux semaines. La fête de la mi-automne, du 25 au 27 septembre, collée cette année au calendrier de la Golden Week, complique encore la planification des armateurs.
Les taux baissent déjà, mais pas pour de bonnes raisons
Le Drewry World Container Index du 24 septembre confirme la tendance : l'indice composite mondial recule de 1 % sur une semaine, à 4 468 dollars par conteneur 40 pieds, avec un repli plus marqué sur deux routes qui vous concernent directement, Shanghai-Rotterdam à 3 485 dollars (-4 %) et Shanghai-Gênes à 3 835 dollars (-5 %). Cette baisse reflète une gestion de capacité par annulations de rotations en amont des vacances, pas un vrai relâchement de la demande.
Le vrai risque se situe après la Golden Week
Sea-Intelligence prévient que la seconde moitié d'octobre s'annonce hautement incertaine, avec un risque de surcapacité brutale une fois les navires revenus en service et de nouvelles annulations de rotations pour rééquilibrer l'offre. Concrètement, cela veut dire un risque réel de cargaisons décalées et de ruptures de fiabilité sur les délais, au moment même où beaucoup de vendeurs préparent leurs stocks pour la fin d'année.
Le fret aérien suit la même logique de rareté
La tension ne se limite pas au maritime. Le fret aérien Chine-Europe, déjà fragilisé depuis l'entrée en vigueur du droit de douane de 3 euros au 1er juillet, traverse chaque année un pic de tarifs autour de la Golden Week et de la fête de la mi-automne, les deux tombant cette fois presque au même moment. Les transporteurs qui disposent encore de créneaux disponibles ont donc une carte à jouer sur les commandes urgentes, mais à un prix qui grimpe mécaniquement avec la demande.
Ce que ça change pour votre sourcing
Ces perturbations concernent le fret maritime conteneurisé, un circuit différent de celui utilisé pour l'essentiel des colis express qui transitent par OrderBridge, mais elles donnent une bonne raison d'anticiper si une partie de votre stock passe par bateau. Si vous ne l'avez pas encore fait, le réflexe reste celui déjà recommandé avant chaque Golden Week : passer vos commandes de production plusieurs semaines à l'avance plutôt qu'à la dernière minute, comme détaillé dans notre article sur l'anticipation des délais pendant la Golden Week.
La situation devrait se clarifier début novembre, une fois les rotations normalisées des deux côtés de la Golden Week. D'ici là, mieux vaut considérer tout délai maritime annoncé comme optimiste plutôt que garanti.



