Le site a déjà raconté comment DHL Express a lancé un service dédié aux envois jusqu'à 3 000 kilos. Deux autres géants du secteur, UPS et FedEx, ont pris des décisions comparables ces derniers mois : investir dans le fret lourd et les secteurs spécialisés plutôt que de se battre sur le colis individuel classique. Ce n'est pas un hasard si les trois plus gros noms du transport express bougent dans la même direction au même moment.
UPS investit 50 millions de dollars dans le fret lourd Mexique-États-Unis
UPS a annoncé fin mai un investissement de près de 50 millions de dollars pour lancer son premier service de fret aérien lourd à délai garanti entre le Mexique et les États-Unis, avec des livraisons en 1, 2 ou 3 jours. La cible : les fabricants automobiles et industriels qui ont besoin de faire voyager des pièces à forte valeur avec une fiabilité de type express. UPS évoque une équipe dédiée de plus de 300 spécialistes du secteur automobile et industriel pour accompagner ce virage.
Ce n'est pas une route Chine-Europe, mais le signal est clair : UPS met du poids financier et humain sur le fret lourd B2B plutôt que sur le petit colis grand public, un raisonnement qui rejoint ce qu'on explique sur les facteurs qui pèsent sur le prix du transport.
FedEx crée une division entièrement dédiée à la santé
FedEx a de son côté annoncé début juillet la création de FedEx Life Sciences, une organisation entièrement consacrée au transport de produits pharmaceutiques, dispositifs médicaux, produits biologiques et matériel d'essais cliniques. L'activité santé pèse déjà environ 10 milliards de dollars de revenus pour le groupe à l'échelle mondiale, avec six centres dédiés et une nouvelle liaison directe entre Indianapolis et Dublin pour relier deux pôles pharmaceutiques majeurs.
Rien à voir, là non plus, avec un colis Shopify ou Amazon envoyé depuis Shenzhen. Mais ça confirme que FedEx cherche sa croissance ailleurs que dans le e-commerce grand public, un segment qu'il juge visiblement moins porteur qu'avant.
Pourquoi le B2C classique n'intéresse plus autant
Le raisonnement est le même chez les trois transporteurs, et il rejoint la réorganisation mondiale déjà engagée par UPS : le marché du colis B2C est devenu très concurrentiel, avec des marges de plus en plus fines, pendant que la croissance des gros envois hors gabarit ralentit elle-même face à la baisse de la consommation. Les grands intégrateurs ont aussi du mal à rivaliser, sur le dernier kilomètre, avec les livreurs indépendants et les réseaux mutualisés qui coûtent moins cher. Résultat : DHL, UPS et FedEx cherchent leur rentabilité du côté du fret lourd, de l'industrie et de secteurs spécialisés comme la santé, plutôt que dans le petit colis du quotidien.
Ce que ça change pour vous
Pour un vendeur qui sourcing en Chine et expédie des colis e-commerce classiques, ce virage ne change rien du jour au lendemain sur vos tarifs ou vos délais. Mais il confirme une tendance de fond : les géants du transport express consacrent de plus en plus leur attention et leurs investissements à d'autres segments que le petit colis, ce qui laisse un boulevard aux transporteurs spécialisés dans le e-commerce (SF Express, YunExpress, Cainiao, 4PX, etc.) et aux intermédiaires qui organisent spécifiquement, comme décrit ici, le transport de marchandise groupée entre la Chine et l'Europe pour les vendeurs marketplace et Shopify.
Reste que le vrai test arrivera lors des prochaines annonces de surcharges de fin d'année : si DHL, UPS et FedEx continuent de délaisser le colis standard, la pression pourrait justement retomber sur les tarifs et la disponibilité des créneaux pour les envois e-commerce classiques pendant les pics comme la Golden Week ou les fêtes de fin d'année.
