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Transport international

Le coût caché du CO2 sur le fret maritime Chine-Europe : jusqu'à 572 millions d'euros par trimestre

24 septembre 2026 · 5 min de lecture

Une étude sur les données réelles de navigation chiffre la facture carbone du marché ETS européen pour le fret conteneurisé Asie-Europe, et montre comment certaines lignes maritimes limitent leur exposition en passant par le Royaume-Uni.

Illustration d'un porte-conteneurs en fret maritime

Depuis janvier 2026, les compagnies maritimes qui transportent des conteneurs entre l'Asie et l'Europe doivent payer pour leurs émissions de CO2 dans le cadre du marché carbone européen, l'ETS maritime. Une étude qui a analysé les données réelles de navigation de plusieurs milliers de porte-conteneurs chiffre la facture du deuxième trimestre 2026 à environ 572,4 millions d'euros, rien que pour les voyages vers l'Europe.

Ce chiffre vient d'une analyse du cabinet VesselBot, reprise à la fois par The Loadstar et par Ship & Bunker, deux médias spécialisés du transport maritime qui donnent les mêmes ordres de grandeur : plus de 20 000 voyages de porte-conteneurs, 11,8 millions de tonnes de CO2 équivalent émises, dont 7,15 millions de tonnes soumises à l'obligation de restitution de quotas.

Comment ça se calcule

Le principe de l'ETS maritime : un trajet entièrement intra-UE est facturé à 100 % des émissions, un trajet entre un pays hors UE et un port européen n'est facturé qu'à 50 %. Sur une route directe Singapour-Europe, l'étude évalue le coût réel entre 26 et 31 euros par conteneur EVP, alors que les surcharges carbone facturées aux chargeurs tournent plutôt entre 56 et 70 euros par EVP. L'écart, c'est la marge que les compagnies maritimes se gardent sur ce poste.

La stratégie du détour par le Royaume-Uni

L'étude met en évidence un cas concret : des lignes maritimes qui font escale à Felixstowe, au Royaume-Uni, avant de rejoindre Zeebrugge en Belgique. Comme le Royaume-Uni est hors du champ de l'ETS européen, seule la portion Felixstowe-Zeebrugge compte, et elle ne représente qu'une fraction du trajet total. Sur sept voyages étudiés, l'exposition réelle à l'ETS tombait à environ 4 400 à 6 000 euros par voyage, contre près de 474 000 euros pour un trajet direct Singapour-Rotterdam.

L'étude reste prudente sur les intentions : ce schéma est décrit comme cohérent avec une volonté d'optimiser la facture carbone, sans en être la preuve formelle. Mais le résultat parle de lui-même pour qui regarde les chiffres.

Ce que ça veut dire pour les vendeurs qui sourcent en Chine

Cette taxe carbone est l'un des facteurs qui font grimper le prix du fret maritime Chine-Europe depuis le début de l'année, en plus des tensions habituelles autour de la mer Rouge et de la congestion portuaire. Nous avions déjà couvert l'entrée en vigueur de cette obligation au moment où elle est devenue effective à 100 % sur les trajets intra-UE.

Pour un vendeur qui compare des devis de transitaires ou de transporteurs, ça vaut le coup de demander si la surcharge carbone facturée correspond à un coût réel ou à une marge supplémentaire. Ce n'est pas toujours simple à vérifier, mais c'est une ligne de plus à surveiller dans le calcul du prix final d'un envoi.

Trois réflexes à garder

  • Demander le détail de la surcharge carbone appliquée, pas seulement un montant global
  • Comparer plusieurs devis sur la même route pour repérer les écarts anormaux
  • Suivre l'évolution des taux de fret via des indices publics plutôt que de se fier uniquement au devis du moment

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