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Transport international

Un corridor via l'Asie centrale veut faire passer le trajet Chine-Europe de 35 à 15-20 jours

5 octobre 2026 · 4 min de lecture

Réunis en Ouzbékistan le 2 octobre 2026, l'UE et TRACECA visent à réduire les délais du corridor trans-caspien en simplifiant les formalités douanières plutôt qu'en construisant de nouvelles infrastructures.

Illustration d'un train de fret transportant des conteneurs

Pendant que le fret maritime Chine-Europe reste scruté semaine après semaine sur ce blog, un autre corridor avance en coulisses : la route ferroviaire et routière qui traverse l'Asie centrale et la mer Caspienne pour relier la Chine à l'Europe sans passer par la Russie. Lors d'une conférence tenue en Ouzbékistan le 2 octobre 2026, des représentants de l'Union européenne et du gouvernement ouzbek, réunis sous l'égide de la commission TRACECA, ont fixé un objectif chiffré : faire passer le temps de transit sur ce corridor d'environ 35 jours aujourd'hui à 15-20 jours.

De quel corridor on parle

Ce corridor, aussi appelé Trans-Caspian International Transport Route ou "corridor du milieu", combine rail, route et traversée maritime de la Caspienne pour relier la Chine au Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie) puis à la Turquie et à l'Europe, en évitant la Russie et la Biélorussie. C'est une alternative différente du fret ferroviaire Chine-Europe qui transite habituellement par le Kazakhstan et la Russie, et une alternative au maritime et à l'aérien pour certains flux spécifiques.

La priorité, c'est la paperasse, pas le béton

Ce qui distingue cette annonce d'un simple projet d'infrastructure, c'est son angle : les officiels présents ont insisté sur la "connectivité douce" plutôt que sur de nouveaux investissements lourds. Jasurbek Choriyev, secrétaire général de TRACECA, a présenté la connectivité numérique et la simplification des procédures douanières et frontalières comme les priorités des quatre prochaines années. Concrètement, l'essentiel du retard actuel ne vient pas d'un manque de rails ou de routes, mais de la lenteur des formalités à chaque frontière traversée.

Le chaînon chinois qui pourrait alimenter ce corridor

La ligne ferroviaire Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan, actuellement en construction, est l'élément qui pourrait donner du volume à ce corridor. Sa capacité annoncée, environ 15 millions de tonnes de fret par an une fois achevée, en ferait une porte d'entrée directe vers l'Ouzbékistan et, via le corridor trans-caspien, vers les marchés européens. Le projet reste toutefois un chantier en cours, sans date de mise en service communiquée à ce stade.

Ce que ça change, et ce que ça ne change pas encore

Pour l'instant, rien de concret à court terme pour qui sourcing en Chine aujourd'hui : aucun investissement chiffré n'a été annoncé lors de cette conférence, et l'essentiel reste de l'ordre de la déclaration d'intention sur quatre ans. Mais le signal est cohérent avec une tendance de fond déjà observée sur ce blog, la recherche active d'alternatives au maritime et au passage par la Russie pour le fret Chine-Europe. Si cette route gagne en fiabilité, elle s'ajoutera aux options déjà disponibles plutôt que de remplacer le maritime, qui reste la solution la plus économique pour le gros volume.

Un corridor parmi d'autres initiatives similaires

Ce n'est pas la première fois que l'Asie centrale sert de terrain pour une nouvelle route Chine-Europe : un nouveau corridor routier et aérien porté par un opérateur privé via l'Ouzbékistan et le Kazakhstan a déjà été annoncé cette année. La différence ici, c'est le niveau d'implication : il ne s'agit pas d'un service commercial lancé par une entreprise de logistique, mais d'un cadre de coopération entre l'UE et les États d'Asie centrale, qui s'inscrit dans la stratégie européenne Global Gateway de financement d'infrastructures hors de Chine et de Russie. Deux démarches différentes, mais qui pointent dans la même direction : donner au fret Chine-Europe une option fiable qui ne dépend ni du Transsibérien ni du canal de Suez.

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