Pendant que le fret aérien Chine-Europe reste sous pression et que le maritime bat des records de congestion, un transitaire spécialisé, CargoPoint, mise sur une troisième option : un corridor combinant route et air via l'Asie centrale. L'entreprise vient de renforcer ce réseau avec l'ouverture d'un bureau à Almaty, au Kazakhstan, en complément de son opération déjà établie à Tachkent, en Ouzbékistan.
Comment fonctionne ce corridor
Le principe : la marchandise groupée à Shenzhen ou Xi'an est d'abord acheminée par route jusqu'au poste-frontière de Khorgos, entre la Chine et le Kazakhstan, avant de repartir en avion depuis Almaty ou Astana vers l'Europe (Francfort, Amsterdam, Liège et Paris sont cités parmi les destinations desservies). CargoPoint qualifie ce montage de « fret aérien différé », un compromis entre la rapidité de l'avion et le coût plus maîtrisé de la route.
Selon l'entreprise, ce montage permettrait de gagner au moins deux jours de délai par rapport aux routes traditionnelles, qu'il s'agisse du fret ferroviaire via la Russie ou du contournement maritime par la mer Rouge.
Une alternative dans un contexte de routes sous tension
Ce type de corridor prend tout son sens dans le climat actuel : la situation en mer Rouge reste instable, et le fret aérien classique a connu plusieurs épisodes de tension depuis l'entrée en vigueur de la taxe de 3 € sur les petits colis. Face à ça, des transitaires spécialisés cherchent des itinéraires alternatifs qui ne dépendent ni du canal de Suez, ni des capacités aériennes déjà saturées sur les routes directes Chine-Europe.
Bahtiyar Nomozbaev, le PDG de CargoPoint, présente cette expansion comme un moyen de « débloquer une artère cruciale du commerce mondial », en misant sur l'infrastructure kazakhe qui s'améliore, notamment autour du poste-frontière de Khorgos.
Un signal à suivre plutôt qu'une solution immédiate
Ce corridor reste un service de niche, porté par un transitaire spécialisé plutôt que par un des grands noms du secteur, et il ne remplace pas les modes de transport classiques pour la majorité des volumes. Mais il illustre une tendance de fond : face aux à-coups répétés sur le maritime et l'aérien Chine-Europe, de plus en plus d'acteurs cherchent à sécuriser des itinéraires de repli qui ne dépendent pas des mêmes points de blocage.
Pour l'instant, ce n'est pas un service que nous utilisons directement chez OrderBridge, mais c'est le genre d'évolution qu'on continue de surveiller pour vous, transporteur par transporteur et transitaire par transitaire, sur notre page actus.
