J&T Express a confirmé, lors de la publication de ses résultats du premier semestre 2026 le 20 août dernier, vouloir s'implanter en Europe dans les prochaines années. On vous parlait déjà de ces résultats : chiffre d'affaires en hausse de 39,5 % à 7,7 milliards de dollars, bénéfice net ajusté plus que doublé, et surtout des revenus hors Chine qui dépassent pour la première fois les 50 % du total. C'est dans ce contexte que la direction a précisé, lors de l'appel avec les investisseurs, ses intentions concrètes pour le marché européen.
Cinq pays pour commencer
Selon la transcription de l'appel relayée par Investing.com et confirmée par Yahoo Finance, J&T a déclaré avoir "commencé à assembler des équipes clés et à préparer les opérations en Europe et en Amérique, en commençant par des pays comme le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne". Le modèle annoncé est asset-light, c'est-à-dire sans construction massive d'infrastructures propres au démarrage, plutôt un déploiement progressif qui s'appuie sur des partenaires locaux.
Pas de date de lancement, et c'est volontairement flou
La direction elle-même a prévenu que "des résultats visibles pourraient prendre encore un à deux ans" avant que l'Europe pèse réellement dans les comptes du groupe. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une annonce de lancement imminent mais d'une intention stratégique confirmée publiquement, sans calendrier précis de déploiement pays par pays. On ne sait pas encore si la France sera servie en 2027 ou plus tard.
Un mouvement qui s'inscrit dans une consolidation plus large
Ce projet européen arrive après le pacte de participations croisées d'environ 1,06 milliard de dollars conclu en janvier 2026 entre J&T et SF Express, et alors que d'autres transporteurs chinois accélèrent déjà leur implantation européenne, à l'image du réseau d'entrepôts que Cainiao construit en Europe. La logistique colis chinoise se réorganise clairement autour de quelques grands groupes qui visent tous le même marché.
Ce que veut dire "asset-light" en pratique
Un déploiement asset-light signifie que J&T ne va pas, dans un premier temps, construire ses propres hubs et entrepôts comme le fait Cainiao en Europe. Le groupe s'appuierait plutôt sur des partenaires locaux existants pour le dernier kilomètre, une stratégie moins coûteuse et plus rapide à mettre en place, mais qui laisse aussi moins de contrôle direct sur la qualité de service au démarrage. C'est typiquement le genre de choix qu'un transporteur ajuste une fois les premiers volumes réels observés sur le terrain.
Ce que ça change pour vous, pas tout de suite
Concrètement, rien ne change aujourd'hui pour vos envois. Un ou deux ans, c'est le temps que prendrait la mise en place d'un réseau opérationnel avant même de parler de tarifs ou de délais compétitifs face à des acteurs déjà installés. Ce qui est certain, c'est que la concurrence sur le dernier kilomètre européen va continuer de s'intensifier dans les prochaines années, avec de plus en plus de transporteurs chinois qui visent les mêmes marchés au même moment. Chez OrderBridge, notre rôle s'arrête à la frontière du continent asiatique : ce sont les transporteurs comme J&T, une fois qu'ils opèrent réellement en Europe, qui géreraient alors la suite du parcours. On continuera à suivre ce dossier au fil des annonces concrètes plutôt que de spéculer sur un calendrier que J&T lui-même n'a pas encore fixé.



