Le prix du fret maritime entre la Chine et l'Europe a légèrement reculé la semaine du 30 octobre 2026, selon l'indice composite de Drewry, après plusieurs semaines de hausse. Sur l'axe Chine-Europe précisément, la tendance est plus nuancée : les tarifs tiennent, voire grimpent encore sur certains trajets.
Ce que montre l'indice Drewry cette semaine
L'indice composite World Container Index (WCI) de Drewry, qui agrège les tarifs sur les huit grandes routes maritimes mondiales, est retombé de 3 % cette semaine, à 4 429 dollars par conteneur de 40 pieds. Mais ce repli vient surtout des lignes transpacifiques : Shanghai-Los Angeles a perdu 6 %, à 7 514 dollars, et Shanghai-New York 5 %, à 9 631 dollars.
Sur l'axe qui concerne directement les vendeurs qui font sourcer en Chine pour vendre en Europe, le tableau est différent. Shanghai-Rotterdam a progressé de 1 % (+54 dollars), à 3 686 dollars le conteneur de 40 pieds. Shanghai-Gênes, qui dessert la Méditerranée, est resté stable à 4 151 dollars. Dans l'autre sens, Rotterdam-Shanghai n'a pas bougé non plus, à 646 dollars.
Pourquoi les prix Chine-Europe résistent
Dans son point marché d'octobre 2026, DHL Global Forwarding explique ce que les chiffres de Drewry ne disent qu'en partie : la demande sur l'axe Asie-Europe "reste forte, la croissance du sens aller continuant à dépasser celle du sens retour". Pour DHL, les tarifs "restent élevés et devraient encore augmenter, la congestion et les contraintes de capacité persistant".
Les transporteurs continuent par ailleurs à ramener progressivement leurs navires par le canal de Suez, mais DHL précise que "des considérations opérationnelles et de sécurité subsistent", ce qui limite le rythme du retour à la normale. Résultat : la capacité mondiale de la flotte ne devrait croître que de 4 % en 2026, un rythme inférieur à la moyenne de long terme du secteur, alors que la demande continue de progresser.
Ce que ça change concrètement pour vos commandes
Pour un vendeur qui expédie par conteneur complet ou en groupage depuis la Chine, ces chiffres confirment surtout une chose : il ne faut pas attendre un retour rapide aux tarifs d'avant 2024 sur cette route. Mieux vaut raisonner sur des délais et des coûts qui restent tendus plutôt qu'espérer une détente rapide. Les facteurs qui font varier le prix d'un envoi sont détaillés sur la page tarifs transport.
C'est aussi pour cette raison que le modèle de stock pré-positionné utilisé par OrderBridge Relay pour les vendeurs Shopify change la donne différemment : la variation hebdomadaire du fret maritime pèse sur le réapprovisionnement du stock côté OrderBridge, mais beaucoup moins sur le délai final vécu par le client, qui reste de 6 à 10 jours par commande une fois le stock en place.
Les semaines précédentes avaient déjà montré la tendance
Cette pause fait suite à plusieurs semaines de hausse continue sur l'axe Chine-Europe, documentée notamment lors du point du 22 octobre. Le retour progressif des porte-conteneurs par Suez, après des mois de détour par le cap de Bonne-Espérance, est détaillé dans notre article sur la reprise de la route de Suez.
Questions fréquentes
**Le prix du fret maritime Chine-Europe va-t-il baisser d'ici la fin de l'année ?** Rien ne l'indique pour l'instant : DHL table sur des tarifs qui restent élevés, voire en hausse, tant que la congestion portuaire et les contraintes de capacité persistent.
**Pourquoi l'indice Drewry baisse alors que les prix Chine-Europe tiennent ?** L'indice composite agrège huit routes mondiales. Ce sont surtout les lignes transpacifiques vers les États-Unis qui ont tiré la moyenne vers le bas cette semaine, pas la route Chine-Europe.
**Combien coûte un conteneur de 40 pieds entre la Chine et l'Europe actuellement ?** Autour de 3 686 dollars vers Rotterdam et 4 151 dollars vers Gênes selon le dernier relevé de Drewry, hors surcharges et frais locaux.
**Le retour par Suez va-t-il faire baisser les prix ?** Les transporteurs ramènent progressivement des navires par Suez, mais DHL évoque encore des "considérations opérationnelles et de sécurité", ce qui freine un retour rapide à une pleine capacité et donc à des tarifs plus bas.



