Deux publications indépendantes, The Loadstar et Air Cargo News, arrivent le 22 septembre 2026 au même constat à partir des données du cabinet Aevean : le fret aérien e-commerce chinois a reculé de 16 % en volume sur un an en août 2026, et ce recul est presque entièrement tiré par l'Europe.
L'Europe concentre l'essentiel de la baisse
Sur les 16 % de baisse globale enregistrés en août, 40 % de recul concerne spécifiquement les exports chinois vers l'Europe. C'est la zone la plus touchée de toutes celles suivies par Aevean, largement devant l'Asie-Pacifique (environ 8 % de baisse) ou le Moyen-Orient et l'Asie du Sud, où le repli reste plus limité.
La cause n'est plus à chercher bien loin : le droit de douane de 3 euros par colis entré en vigueur au 1er juillet 2026 continue de peser sur les envois unitaires depuis la Chine, un effet déjà documenté sur plusieurs mois consécutifs.
L'Afrique, grande gagnante d'un rééquilibrage
Pendant que l'Europe encaisse, l'Afrique affiche une hausse de 71 % de ses exports e-commerce chinois sur un an, certes depuis une base de départ modeste. L'Amérique du Nord, elle, redevient stable après une baisse plus ancienne liée à la fin de l'exemption de minimis américaine en mai 2025.
Ce redéploiement suit un schéma déjà observé ailleurs : quand un grand marché ferme la porte aux petits colis exonérés de taxe, une partie du trafic ne disparaît pas, elle se redirige vers les zones où les règles sont encore souples. Le Brésil, qui avait supprimé son exemption dès août 2024, avait connu la même dynamique avant de voir ses volumes se stabiliser.
Ce que ça veut dire pour un vendeur qui sourcing en Chine
Pour un vendeur qui expédie depuis la Chine vers l'Europe, cette statistique confirme une tendance de fond plutôt qu'un accident ponctuel : le modèle du colis unitaire envoyé directement depuis la Chine perd du terrain face à des solutions avec stock pré-positionné en Europe, comme le fonctionnement d'OrderBridge Relay pour les vendeurs Shopify, justement pensées pour éviter de dépendre d'un colis unitaire taxé à chaque envoi.
Le paradoxe, c'est que la baisse de volume ne veut pas dire baisse de la demande des consommateurs européens : elle traduit plutôt un changement de méthode d'acheminement, avec davantage de marchandise groupée en amont et moins d'envois directs à l'unité.
Reste une question ouverte, posée par un responsable de DHL cité dans l'enquête : les crises d'approvisionnement se succèdent désormais tous les sept mois, voire toutes les sept semaines, selon la formule employée. Pour qui vend en ligne des produits sourcés en Chine, la meilleure protection reste la même depuis le début de cette série de secousses réglementaires : ne pas dépendre d'un seul mode d'acheminement, et suivre l'évolution des délais sur le suivi de colis plutôt que de la découvrir a posteriori.


