La Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a donné un ultimatum au gouvernement le 5 octobre : des réponses concrètes sur le prix du carburant professionnel d'ici la mi-octobre, ou le risque d'un mouvement de colère dans la profession.
Ce n'est pas la première alerte du secteur sur le sujet cet automne, mais c'est la première fois qu'une échéance aussi précise est posée sur la table.
Ce que la FNTR demande concrètement
La fédération formule quatre demandes précises auprès du gouvernement.
- Un renforcement des contrôles de la DGCCRF pour vérifier que les clauses d'indexation carburant des contrats de transport sont bien appliquées
- La prolongation des aides déjà accordées aux entreprises du secteur
- Une baisse significative et temporaire de la fiscalité sur les carburants professionnels, le temps que la crise se calme
- Un alignement de la compétitivité française sur celle de l'Italie, de l'Espagne et de l'Allemagne, où le carburant professionnel coûte moins cher
Ces clauses d'indexation existent dans la loi depuis 2006 : elles obligent, en théorie, à répercuter automatiquement les variations du prix du gazole sur le prix du transport facturé au client. La FNTR affirme qu'elles ne sont pas toujours respectées sur le terrain, ce qui explique sa demande de contrôles renforcés.
Un gazole qui reste installé au-dessus de 2,35 euros
Le 5 octobre, le prix moyen du gazole en France s'établissait à 2,359 euros le litre, en très légère baisse par rapport à la semaine précédente (2,363 euros). Un niveau qui pèse directement sur la trésorerie des transporteurs, pour qui le carburant représente un des premiers postes de coûts, juste après la masse salariale.
Pour un vendeur qui expédie ses commandes depuis la France vers ses clients, ce n'est pas qu'une affaire de routiers : une partie de cette pression finit, tôt ou tard, par se répercuter sur le coût du dernier kilomètre, un des facteurs de prix détaillés sur notre page tarifs.
FO parle de « 780 000 emplois » en jeu
Côté syndical, FO Transports s'est aussi exprimé sur le sujet par la voix de Patrice Clos, qui rappelle que le secteur représente « 780 000 emplois » en France et se dit prêt à « faire cause commune avec le patronat » pour les défendre.
C'est la présidente de la FNTR, Florence Dupasquier, première femme à ce poste depuis son élection en novembre 2024, qui porte cette demande auprès du gouvernement.
Une mi-octobre déjà chargée pour le transport routier
Le calendrier de la FNTR ne tombe pas dans un vide social. Le secteur a déjà annoncé plusieurs mobilisations pour les prochaines semaines, notamment une opération le 21 octobre sur le prix du gazole et un appel de la CFDT Route pour le 16 octobre. Si la FNTR obtient ce qu'elle demande avant son échéance, ces mouvements pourraient se calmer. Dans le cas contraire, c'est plutôt une convergence qu'il faut anticiper.
Pour les vendeurs qui expédient depuis la France ou dont les colis transitent par le réseau routier national, ces semaines d'octobre méritent d'être suivies de près. Un colis en transit peut toujours être suivi en temps réel via notre outil de suivi.
Rien n'est encore tranché. Mais entre une FNTR qui pose un ultimatum, une FO qui parle de cause commune avec le patronat, et un calendrier de mobilisations déjà rempli pour la mi-octobre, la pression sur le gouvernement est réelle. OrderBridge suivra l'évolution du dossier dans les prochaines semaines.



