Un conteneur arrivé au port n'est jamais totalement gratuit à garder, même avant que vous n'ayez commencé à le décharger. Deux types de frais, souvent confondus, peuvent s'ajouter à la facture initiale du transport maritime : le demurrage et la detention.
Ce ne sont ni des surcharges classiques comme le BAF ou le THC, ni des frais liés au prix du fret lui-même. Ce sont des pénalités de retard, qui existent justement pour inciter à faire tourner les conteneurs plutôt qu'à les laisser s'accumuler dans les ports.
Demurrage : le conteneur reste au port
Le demurrage se facture quand le conteneur reste sur le terminal portuaire au-delà du nombre de jours gratuits accordés par la compagnie maritime, le temps que vous ou votre transitaire effectuiez le dédouanement et récupériez la marchandise. Ce temps gratuit, appelé free time, est généralement court : de l'ordre de 5 à 7 jours selon la compagnie et le port d'arrivée.
Passé ce délai, les frais courent par jour et par conteneur, et augmentent souvent de façon progressive : plus le retard s'accumule, plus le tarif journalier grimpe.
Detention : le conteneur est chez vous, ou en route
La detention, elle, se déclenche une fois le conteneur sorti du port, et facture le temps que vous le gardez avant de le restituer vide à la compagnie maritime. Entre le moment où vous récupérez la boîte pour la décharger dans votre entrepôt et celui où vous la rendez vide, un délai de franchise s'applique aussi, généralement proche de celui du demurrage.
La confusion entre les deux est fréquente parce qu'elles se succèdent souvent sur le même envoi : un dédouanement qui prend du retard déclenche du demurrage, et si le déchargement de l'entrepôt traîne ensuite, de la detention s'ajoute derrière.
Pourquoi ça arrive, et comment l'éviter
Les causes les plus fréquentes sont un dédouanement bloqué par un document manquant ou un contrôle douanier, un entrepôt ou un transporteur routier indisponible pour récupérer le conteneur dans les temps, ou simplement une mauvaise anticipation du calendrier pendant une période chargée comme la rentrée ou la Golden Week.
La meilleure protection reste l'anticipation documentaire avant l'arrivée du bateau : avoir tous les documents douaniers prêts en amont, et caler la réservation du transport routier dès que la date d'arrivée est connue, plutôt que d'attendre le déchargement effectif du navire.
Une variable à intégrer dans votre choix de transport
Ces frais sont une des raisons pour lesquelles le choix entre groupage (LCL) et conteneur complet (FCL), ou plus largement entre maritime, aérien et ferroviaire, ne se résume jamais au seul prix du fret affiché. Un tarif maritime bas ne vaut rien si le délai de dédouanement ou de livraison finale grignote le free time et transforme l'économie initiale en facture de demurrage.
Pour un vendeur qui débute l'import par conteneur complet, mieux vaut intégrer ce risque dans le budget avant de signer, plutôt que de le découvrir à la réception de la facture finale.


