Sea-Intelligence, l'un des cabinets d'analyse les plus suivis du transport maritime, vient de publier un chiffre qui donne la mesure du problème actuel dans les ports asiatiques : 8,5 % de la flotte mondiale de porte-conteneurs est aujourd'hui absorbée par les retards, soit environ 3 millions d'EVP. C'est une capacité comparable à celle du cinquième armateur mondial, tout simplement neutralisée par l'attente au lieu de transporter des marchandises.
Concrètement, cela veut dire que des dizaines de navires qui devraient être en train de charger ou décharger passent leur temps à patienter au mouillage devant les ports, ou naviguent avec des marges de sécurité tellement réduites dans leurs rotations que le moindre incident se répercute sur les escales suivantes pendant des semaines.
Une série de typhons, pas un incident isolé
La cause identifiée par Sea-Intelligence n'est pas un blocage ponctuel dans un seul port, mais une succession de typhons qui ont frappé les grands ports chinois ces derniers mois, avec un effet en cascade sur les hubs de transbordement de toute la région. Chaque fermeture de port, même de quelques heures, décale les escales suivantes, et ce décalage met ensuite plusieurs semaines à se résorber avant qu'un nouvel épisode météo ne remette tout en cause.
Des retards qu'on n'avait plus vus depuis le Covid
Les chiffres de fiabilité des horaires sont parlants : en août, la ponctualité des navires est tombée sous les 50 %, avec un retard moyen de 6,8 jours par escale, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis les pires mois de la crise sanitaire. La période de juin à août 2026 affiche d'ailleurs la plus forte hausse des retards sur deux mois observée depuis 2011, ce qui montre que le phénomène s'est accéléré très rapidement plutôt que de monter progressivement.
Comment ce chiffre se compare aux crises précédentes
Entre 2011 et 2019, les retards de navires absorbaient en moyenne 2,2 % de la capacité mondiale, un niveau considéré comme normal pour l'industrie. On était monté à 6,5 % au plus fort de la crise de la mer Rouge provoquée par les attaques houthies, et jusqu'à 13,8 % pendant le pic de la pandémie, lorsque les ports occidentaux étaient totalement engorgés. Les 8,5 % actuels se situent donc bien au-dessus de la normale et même au-dessus du pic de la mer Rouge, sans pour autant atteindre le niveau du Covid.
Un retour à la normale qui pourrait prendre jusqu'à début 2027
Sea-Intelligence estime qu'il faudra entre 7 et 10 mois pour revenir au niveau de congestion observé en juin 2025, et entre 6 et 8 mois pour seulement retrouver la situation, déjà tendue, de fin 2025. Autrement dit, la perturbation pourrait se prolonger jusqu'au tout début de l'année 2027, période qui coïncide justement avec la préparation du Nouvel An chinois et son pic de production habituel.
Ce que ça change pour vos commandes
Pour un vendeur qui importe par voie maritime, ce chiffre se traduit très concrètement par des délais moins fiables sur le fret maritime Chine-Europe, avec des écarts qui peuvent désormais se compter en semaines plutôt qu'en jours. C'est aussi un bon moment pour revoir comment choisir son mode de transport selon l'urgence réelle de chaque commande, et pour suivre ses envois plus finement via un outil de suivi de colis. Chez OrderBridge, les délais de 8 à 10 jours d'expédition internationale annoncés à nos clients marketplace intègrent justement ce type d'aléas, plutôt que de promettre un délai optimiste qu'on ne pourrait pas tenir une fois la commande partie.



