En octobre 2025, l'Organisation maritime internationale (OMI) devait adopter le premier mécanisme mondial de tarification du carbone pour le transport maritime, le Net-Zero Framework. Le vote a échoué de peu lors d'une session extraordinaire du comité de la protection du milieu marin (MEPC), sous la pression d'une campagne menée notamment par les Etats-Unis. La décision a été reportée d'un an. Un an plus tard, presque jour pour jour, le dossier revient sur la table.
Un vote qui s'est joué à quelques voix
Le Net-Zero Framework prévoit un prix du carbone appliqué aux carburants utilisés par les navires marchands, avec un objectif de réduction progressive des émissions jusqu'à la neutralité carbone du secteur en 2050. Il avait été approuvé une première fois en 2025 avant que la session extraordinaire d'octobre ne le renvoie à une nouvelle discussion, faute d'obtenir la majorité des deux tiers requise. L'OMI a officiellement annoncé la reprise des discussions environ douze mois plus tard, sans fixer de date exacte pour ce nouveau vote.
Ce qui a changé depuis le report
D'après un point de situation publié le 17 septembre 2026, le texte du cadre lui-même n'a pas été modifié depuis octobre 2025 : le groupe de travail intersessionnel s'est concentré sur les lignes directrices de mise en œuvre plutôt que sur le fond du mécanisme. Ce qui a bougé, en revanche, c'est le rapport de force entre Etats membres : une majorité serait revenue à soutenir le texte tel qu'il avait été approuvé en 2025, après le vote de report très serré d'octobre. La majorité des deux tiers nécessaire à l'adoption reste malgré tout décrite comme incertaine.
Le clivage reste le même
Les Etats-Unis demeurent le principal opposant au projet, sans changement de position depuis 2025. La Chine figure toujours parmi les pays exportateurs qui plaident pour un nouveau délai. L'Union européenne, elle, continue de soutenir l'adoption du cadre. C'est le même clivage qui avait fait échouer le vote il y a un an, à un rapport de force près.
Pourquoi ça concerne aussi le fret Chine-Europe
Ce mécanisme mondial est distinct de la taxe carbone européenne appliquée au transport maritime via le système d'échange de quotas d'émission de l'UE, qui s'applique déjà aux navires touchant un port européen. Si le Net-Zero Framework de l'OMI est un jour adopté, il s'ajouterait à ce dispositif européen sous forme d'un coût supplémentaire sur le carburant, répercuté comme les autres surcharges qui gonflent la facture du fret maritime. Nous avions détaillé les raisons du report du vote initial l'an dernier : ce nouveau point de situation ne change rien à l'incertitude sur le calendrier, seulement au rapport de force.
Pour la majorité des vendeurs qui travaillent avec OrderBridge, cette actualité reste indirecte : nos délais s'appuient sur l'express, pas sur le fret maritime gros volume visé par ce texte. Mais les facteurs qui font varier le prix du transport restent liés entre eux, une hausse durable du carburant maritime finit toujours, à terme, par se répercuter sur l'ensemble de la chaîne logistique.


