L'indice Drewry World Container Index publié le 1er octobre confirme une tendance qui dure depuis cet été : les prix du fret maritime Chine-Europe continuent de reculer, Golden Week ou pas. L'indice composite mondial s'établit à 4 434 dollars par conteneur 40 pieds, en baisse de 1 % sur une semaine. Sur les routes qui intéressent le plus les vendeurs qui sourcent en Chine, Shanghai-Rotterdam recule de 2 % à 3 399 dollars, et Shanghai-Gênes de 3 % à 3 702 dollars.
Plus marquant encore : Drewry précise que les tarifs Asie-Europe reculent depuis 12 semaines consécutives, un signe de demande durablement faible sur cette route plutôt qu'un simple ajustement ponctuel.
Pourquoi les prix baissent alors que les usines ferment
On pourrait s'attendre à ce que la fermeture des usines chinoises pour la Golden Week, du 1er au 7 octobre, pousse les tarifs à la hausse en réduisant l'offre de marchandises à transporter. C'est l'inverse qui se produit cette année : Drewry note que la pause de production pèse sur les volumes de cargo juste au moment où la capacité de transport, elle, augmente.
Deux facteurs expliquent cette hausse de capacité : de plus en plus d'armateurs font à nouveau transiter leurs porte-conteneurs par le canal de Suez plutôt que par le cap de Bonne-Espérance, et le nombre de rotations annulées par les compagnies (les « blank sailings ») diminue. Les deux mouvements remettent mécaniquement de la capacité sur le marché, alors que la demande reste molle.
Les transporteurs tentent de relever les prix, sans certitude
Selon Drewry, les compagnies maritimes essaient d'imposer des hausses tarifaires pour la période qui suit la Golden Week, comme elles le font traditionnellement après chaque grande fermeture d'usines en Chine. Mais le rapport reste prudent sur leurs chances de réussite : avec une demande toujours faible et une capacité qui continue d'augmenter via Suez, rien ne garantit que ces hausses tiennent. Drewry s'attend même à ce que les prix continuent de reculer pendant la période de la Golden Week elle-même.
Ce que ça change pour qui compare les modes de transport
Pour un volume suffisant, des tarifs maritimes qui baissent depuis 12 semaines rendent le maritime d'autant plus intéressant face à l'aérien, dont les capacités restent tendues depuis l'instauration du droit de douane de 3 € sur les petits colis. C'est un bon moment pour reprendre le calcul et comparer les modes de transport selon l'urgence réelle de chaque commande plutôt que par habitude.
Le revers de la médaille, c'est que des tarifs bas et une demande faible ne durent jamais indéfiniment sur cet axe. Dès que les usines rouvrent après la Golden Week, le volume de marchandises à expédier reprend généralement d'un coup, ce qui peut faire remonter les prix aussi vite qu'ils ont baissé.
Un indicateur à ne pas confondre avec vos délais de livraison
Ces chiffres concernent le fret maritime conteneurisé, celui qui transporte de gros volumes sur plusieurs semaines, pas les colis express qui passent par avion ou par les réseaux de transporteurs comme SF Express ou YunExpress. Pour un vendeur marketplace ou Shopify qui reçoit ses commandes via un entrepôt de groupage à Shenzhen, ce suivi reste surtout un indicateur de tendance générale sur l'axe Chine-Europe, pas une promesse de délai individuel.
La meilleure façon de savoir où en est réellement une commande reste de suivre son colis directement, plutôt que de se fier à un indice global qui évolue chaque semaine.



