DHL Freight vient de réceptionner son premier eTopas 600, un tracteur électrique de 44 tonnes conçu par SuperPanther, un constructeur chinois de véhicules utilitaires à énergie nouvelle fondé en 2022. Fait notable : ce camion n'a pas été importé de Chine. Il sort de la chaîne de production de Steyr Automotive, en Autriche, où SuperPanther a choisi d'implanter sa première usine européenne.
Un partenariat qui remonte à 2024
L'accord entre DHL et SuperPanther date d'un protocole d'entente signé en 2024. Un véhicule de pré-série avait déjà été testé en 2025 sur la liaison Vienne-Wels, en Autriche, pour valider ses performances en conditions réelles avant la mise en production en série. Le camion doit désormais entrer en service chez DHL Freight aux Pays-Bas à partir de septembre 2026.
Pour les vendeurs qui font appel à un transitaire ou à un agent de sourcing pour leurs flux Chine-Europe, cette annonce ne change rien aux délais ou aux tarifs du transport international, un fonctionnement détaillé sur notre page comment ça marche. Elle concerne la flotte routière intra-européenne de DHL, pas le fret aérien ou maritime qui relie la Chine à l'Europe. Mais elle montre à quel point l'industrie chinoise du véhicule électrique s'installe désormais directement sur le sol européen, plutôt que de se contenter d'exporter des produits finis.
Des caractéristiques techniques poussées
Sur le papier, l'eTopas 600 affiche une autonomie annoncée par le constructeur jusqu'à 560 km, pour une batterie lithium-fer-phosphate CATL de 621 kWh. Sa puissance atteint 394 kW en continu et jusqu'à 692 kW en pointe. Côté recharge, deux connecteurs CCS2 permettent de monter la batterie de 20 à 80 % en moins de 38 minutes dans des conditions optimales, avec une puissance de charge pouvant grimper à 660 kW.
DHL accélère sur l'électrique
Ce camion vient s'ajouter à une flotte DHL qui compte déjà environ 1 700 véhicules à faibles émissions toutes technologies confondues. En France, DHL Express avait déjà annoncé viser une flotte de livraison 100 % électrique dans certaines zones urbaines. L'arrivée d'un constructeur chinois comme fournisseur direct de poids lourds électriques illustre une tendance de fond : la Chine n'exporte plus seulement des produits de consommation vers l'Europe, elle y installe aussi des usines de véhicules et d'équipements logistiques.
Pour les vendeurs marketplace ou Shopify qui travaillent avec OrderBridge, le vrai impact de ce type d'annonce reste indirect : il ne change rien aux 8 à 10 jours de transport international ou aux 2 à 3 jours de réception en entrepôt à Shenzhen. Mais il rappelle que les grands transporteurs investissent massivement dans la décarbonation de leurs flottes, un coût qui finit tôt ou tard par se répercuter, à la marge, sur les grilles tarifaires du dernier kilomètre en Europe.
Pourquoi l'Europe attire les constructeurs chinois de poids lourds électriques
SuperPanther n'est pas un cas isolé. Plusieurs constructeurs chinois de véhicules électriques cherchent à s'implanter en Europe pour limiter l'exposition aux droits de douane qui visent les importations directes de véhicules fabriqués en Chine, tout en se rapprochant de leurs clients européens. Assembler localement, comme à Steyr, permet aussi de répondre plus vite aux exigences réglementaires européennes en matière d'homologation et d'émissions.
Pour une entreprise comme OrderBridge, dont le rôle s'arrête au moment où la marchandise quitte le continent asiatique, ce genre d'évolution reste surtout un indicateur économique à suivre. Il confirme que les capacités industrielles chinoises continuent de se diversifier au-delà de l'électronique ou du textile, vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée comme les véhicules commerciaux.


