Le State Post Bureau, le régulateur chinois du secteur postal et express, a annoncé le 30 septembre que le pays avait dépassé les 150 milliards de colis traités depuis le début de l'année, un seuil franchi dès le 29 septembre. Le chiffre en lui-même est impressionnant, mais c'est surtout la vitesse qui frappe : la Chine a atteint ce cap 12 jours plus tôt qu'en 2025 à la même période.
Un secteur qui ne ralentit jamais
Pour mesurer l'ampleur de la croissance, le régulateur rappelle que l'année 2025 s'était terminée à 198,95 milliards de colis au total, en hausse de 13,6 % sur un an. Le secteur express chinois enchaîne ainsi plusieurs années consécutives de croissance à deux chiffres, et chaque année vient battre le record de l'année précédente, un peu plus tôt dans le calendrier.
D'où vient cette accélération
Le régulateur relie cette progression à la bonne santé du commerce en ligne chinois : les ventes au détail en ligne ont atteint environ 13 480 milliards de yuans sur les huit premiers mois de 2026, en hausse de 4,6 %. S'y ajoutent des catégories de consommation en pleine expansion, comme les produits connectés et le e-commerce en direct (livestream), qui génèrent mécaniquement plus de colis à traiter et à expédier.
Ce n'est pas un hasard si c'est le State Post Bureau, et non un transporteur privé, qui communique ce chiffre : c'est l'organisme qui régule China Post et sa branche internationale EMS, mais aussi l'ensemble du secteur express chinois, y compris les grands acteurs privés comme SF Express, YunExpress ou J&T Express qui transportent une bonne partie des colis destinés à l'Europe.
Un record qui tombe juste avant la fermeture des usines
Le timing n'est pas neutre : ce pic de volume survient juste avant la Golden Week, qui ferme les usines chinoises du 1er au 7 octobre. Un réseau qui traite déjà un volume record juste avant une semaine de fermeture totale, c'est aussi un réseau qui doit absorber un pic de rattrapage dès la réouverture, sur toute la chaîne, de l'usine jusqu'à l'entrepôt de groupage.
C'est exactement la logique derrière le plan quinquennal 2026-2030 du même régulateur, qui vise 270 milliards de colis par an d'ici 2030 : la croissance du volume ne se discute plus, la vraie question est la capacité du réseau à l'absorber sans dégrader les délais.
Ce que ce rythme veut dire pour vos commandes
Un record de volume n'est pas en soi une mauvaise nouvelle : il confirme que le réseau express chinois continue d'investir et de monter en cadence. Mais plus le volume grossit, plus un envoi individuel isolé risque de se perdre dans la masse pendant les pics, par exemple juste après une Golden Week.
C'est une des raisons pour lesquelles grouper les commandes via un entrepôt avant l'expédition internationale reste plus fiable que de multiplier les petits envois séparés : moins de points de rupture, et un suivi centralisé plutôt que des dizaines de colis isolés à surveiller un par un.



