Le régulateur postal chinois a publié fin juillet 2026 son plan quinquennal 2026-2030 pour l'ensemble du secteur postal et de la livraison express, celui-là même qui couvre China Post et sa branche internationale EMS. L'objectif chiffré est clair : atteindre 270 milliards de colis express traités chaque année d'ici 2030, contre 198,95 milliards en 2025. Une progression d'environ 35% en cinq ans, sur un secteur qui pesait déjà plusieurs centaines de milliards de colis par an.
Un secteur qui vise aussi la rentabilité
Le plan fixe également des objectifs de revenus : 2 400 milliards de yuans (environ 310 milliards d'euros) de chiffre d'affaires commercial pour l'ensemble du secteur postal, dont 2 000 milliards de yuans générés par la seule livraison express. Au total, le régulateur vise 290 milliards d'articles postaux et colis traités toutes catégories confondues d'ici 2030.
Ces chiffres donnent une idée de l'ampleur de l'industrie sur laquelle repose une bonne partie du sourcing Chine-Europe, bien au-delà des seuls usages postaux classiques.
Livraison plus rapide et réseau international élargi
Deux objectifs concernent plus directement les vendeurs qui importent depuis la Chine. D'abord la vitesse : le plan vise une livraison en moins de 72 heures pour 88% des colis express dans les régions clés du pays, ce qui accélère mécaniquement la première étape de la chaîne, celle qui va de l'usine jusqu'à l'entrepôt de groupage ou l'aéroport. Ensuite l'international : le réseau doit s'étendre à 110 pays et régions, avec en parallèle une automatisation portée à 88% dans les principaux centres de traitement, appuyée par un programme officiel baptisé « IA + Poste et Livraison Express ».
Ce qu'un plan quinquennal change vraiment, et ce qu'il ne change pas
Un plan gouvernemental chinois fixe une direction et des moyens, pas un résultat garanti dans les six mois. L'expérience des dernières années montre que ces investissements profitent d'abord au réseau domestique chinois avant de se traduire par une amélioration perceptible sur les délais Chine-Europe. Mais la pression mise sur l'extension internationale du réseau va dans le même sens que ce qu'on observe déjà côté transporteurs privés, avec l'ouverture continue d'entrepôts européens par Cainiao ou l'automatisation croissante des hubs de tri.
Pour un vendeur marketplace ou Shopify qui importe depuis Shenzhen, l'enseignement concret reste le même depuis toujours : la fiabilité d'un envoi dépend surtout du choix du bon mode de transport au bon moment, pas d'un plan sur cinq ans annoncé à Pékin.
Golden Week arrive avant les effets du plan
En attendant que ces objectifs 2030 se traduisent en gains concrets, la prochaine échéance à anticiper reste beaucoup plus proche : la fermeture des usines chinoises pendant la Golden Week début octobre, qui pèse chaque année sur les délais de production et d'expédition bien plus qu'un plan quinquennal.
Quel que soit le transporteur ou la période de l'année, suivre précisément l'avancement de chaque colis reste le meilleur moyen de repérer un retard tôt et d'ajuster sa communication client en conséquence.
