Depuis le 1er juillet 2026, tout colis de moins de 150 € importé en Europe depuis la Chine est soumis à un droit de douane fixe de 3 €, une mesure que nous avions détaillée à son entrée en vigueur. Problème : la Suisse n'est pas membre de l'UE, et n'applique pas cette règle. Selon swissinfo.ch (Radio Télévision Suisse), ce décalage pourrait transformer le pays en point de passage pour des colis chinois destinés à l'UE.
Le mécanisme du contournement
Le principe est simple sur le papier : un envoi chinois arrive d'abord en Suisse, où il échappe à la taxe européenne, puis repart par la route ou le rail vers un pays de l'UE, en contournant le point d'entrée douanier européen classique. Les douanes suisses traitent déjà, selon l'article, plusieurs centaines de milliers de colis par jour en provenance de Chine, un volume qui rend un contrôle systématique matériellement impossible.
Pourquoi ce n'est pas qu'un problème suisse
Le risque n'est pas seulement fiscal. Un colis qui échappe à un contrôle structuré peut aussi transporter des produits qui ne respectent pas les normes de sécurité ou de santé européennes, sans que personne ne le détecte avant qu'il n'arrive chez le consommateur final. David Hachfeld, cité dans l'article comme expert d'une ONG, pointe un manque d'anticipation politique : le gouvernement suisse n'a pas mis en place de règles alignées avec l'UE assez rapidement.
Une taxe suisse votée, mais reportée à 2028
Le Parlement suisse a bien approuvé une taxe sur les petits colis venus des plateformes chinoises, mais sa mise en œuvre n'est pas attendue avant 2028. Entre-temps, la fenêtre reste ouverte, et rien n'indique aujourd'hui que les autorités européennes et suisses aient trouvé un mécanisme de contrôle commun pour la refermer plus tôt.
Ce que ça change pour un vendeur sérieux
Ce genre de faille ne profite pas aux vendeurs qui construisent une activité durable. Les contrôles douaniers européens se renforcent par ailleurs sur d'autres fronts, avec la réforme du code des douanes qui responsabilise les marketplaces comme des importateurs. Miser sur une zone grise aujourd'hui, c'est prendre le risque d'un rattrapage réglementaire demain, avec des marchandises bloquées ou des pénalités à la clé.
La meilleure protection reste un circuit d'importation qui déclare correctement chaque envoi, quitte à payer la taxe de 3 € comme tout le monde. C'est ce que nous détaillons sur notre page comment ça marche.
