Depuis le 1er juillet 2026, c'est officiel et confirmé par la Commission européenne : un droit de douane fixe de 3 € par article remplace l'exonération qui existait jusque-là pour les colis de moins de 150 € importés depuis un pays hors UE. Concrètement, un colis qui passait auparavant sous le radar douanier parce que sa valeur était faible ne passe plus gratuitement.
La mesure est présentée comme temporaire, en attendant une réforme douanière plus large de l'UE prévue pour 2028. Mais pour les vendeurs qui sourcent en Chine au jour le jour, elle change dès maintenant un peu le calcul de rentabilité de chaque envoi.
Comment se calculent les 3 €, concrètement
Le point important à comprendre : ce n'est pas 3 € par colis, c'est 3 € par article selon sa classification tarifaire (le code utilisé par la douane pour catégoriser un produit). Un colis contenant cinq t-shirts identiques ne paie que 3 €, parce qu'ils relèvent tous de la même classification. Le même colis avec trois t-shirts et une montre paie 6 €, parce que deux classifications différentes sont concernées.
Cette logique touche directement les catégories que sourcent la plupart des vendeurs marketplace et Shopify : vêtements, accessoires, jouets, petite électronique, objets du quotidien.
La TVA ne disparaît pas, et ne se confond pas avec cette taxe
Ce nouveau droit de douane s'ajoute à la TVA à l'import, il ne la remplace pas. En France, la TVA (20 % dans la majorité des cas) continue de s'appliquer dès le premier euro, calculée sur la valeur du produit, du transport et des droits de douane cumulés. Ce sont deux prélèvements distincts, calculés séparément.
Et au-delà de 150 € ?
Cette taxe de 3 € ne concerne que les colis de valeur inférieure ou égale à 150 €. Au-dessus de ce seuil, ce sont les droits de douane classiques qui s'appliquent, selon le tarif douanier commun de l'UE : un taux qui dépend de la nature du produit et de son pays d'origine, et qui peut être nettement supérieur à 3 € selon la catégorie.
Qui doit payer, en pratique ?
Sur le papier, ce sont les plateformes de vente à distance et les vendeurs qui sont redevables de ce droit, pas le consommateur final directement. En pratique, ce coût se répercute presque toujours quelque part dans la chaîne : intégré au prix affiché, ajouté au moment du paiement, ou facturé par le transporteur à la livraison sous forme de frais de dossier.
Pour un vendeur qui importe pièce par pièce depuis la Chine, que ce soit pour réapprovisionner une fiche Amazon, eBay ou Cdiscount, ou pour expédier une commande Shopify au fil de l'eau, ce sont des euros qui s'ajoutent, envoi après envoi, sur des marges déjà serrées. Vous pouvez estimer ces coûts au cas par cas depuis notre application.
Ce que ça change pour la stratégie de sourcing
Cette réforme rend mécaniquement plus coûteux le fait de multiplier les petits envois individuels depuis la Chine. C'est un argument de plus, indépendant de notre activité, pour regrouper les commandes plutôt que de laisser chaque produit voyager seul : moins d'envois taxés à l'unité, une meilleure lisibilité des coûts, et une marge qui reste prévisible plutôt que rognée envoi par envoi.
En résumé
Depuis juillet 2026, chaque article importé dans un colis de moins de 150 € coûte 3 € de droit de douane en plus, en plus de la TVA habituelle qui n'a pas bougé. Au-delà de 150 €, ce sont les droits de douane classiques qui prennent le relais. Si vous sourcez régulièrement en Chine, c'est un coût à intégrer dans votre calcul de marge dès maintenant, pas dans six mois, au même titre que les coûts de transport qui restent sous tension.
