Si vous sourcez en Chine et que vous expédiez par voie maritime, voici où en sont les prix à la rentrée : selon le World Container Index de Drewry, la semaine du 27 août 2026, le taux Shanghai-Rotterdam s'établissait à 4 287 $ le conteneur 40 pieds, et Shanghai-Gênes à 4 866 $. Les deux reculent légèrement (-3 % et -2 %) par rapport à la semaine précédente, mais restent à un niveau élevé.
Pourquoi les taux ne redescendent pas franchement
- Sailings annulés : quatre traversées supprimées sont annoncées pour la semaine suivante, contre deux la semaine précédente, une capacité volontairement resserrée par les compagnies.
- Embouteillage au port de Shanghai : le temps d'attente moyen des navires est passé à 96 heures, contre 35 heures la semaine d'avant.
- Une capacité globale toujours contrainte sur l'axe Asie-Europe, qui limite la marge de négociation côté chargeurs.
Le contournement de la mer Rouge, toujours en toile de fond
Depuis fin 2023, la grande majorité des porte-conteneurs évitent la mer Rouge et contournent l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance plutôt que d'emprunter le canal de Suez. Cette route plus longue immobilise davantage de navires plus longtemps sur chaque rotation, ce qui réduit mécaniquement la capacité disponible sur l'axe Asie-Europe et maintient les taux à un niveau structurellement plus élevé qu'avant cette période, indépendamment des variations semaine par semaine.
Maritime ou aérien : l'arbitrage reste d'actualité
Avec des taux maritimes qui ne redescendent pas vraiment, l'écart de coût avec l'aérien se resserre mécaniquement pour les envois de faible volume ou urgents. Ça ne change rien pour les gros volumes, où le maritime reste largement le plus économique, mais ça vaut le coup de refaire le calcul au cas par cas plutôt que de partir du réflexe habituel, d'autant que les capacités aériennes bougent aussi côté transporteurs. Ce n'est pas une actualité en soi, la situation dure depuis fin 2023, mais elle explique pourquoi un retour aux niveaux de prix d'avant cette période n'est pas à l'ordre du jour tant que la situation en mer Rouge ne se normalise pas.
Ce que ça veut dire pour vendeurs marketplace et Shopify
Les deux profils sont concernés, mais pas de la même façon. Un vendeur marketplace qui envoie des lots ponctuels vers l'entrepôt Shenzhen absorbe surtout l'impact via le coût du transport international sur chaque expédition groupée. Un vendeur Shopify qui fonctionne avec du stock pré-positionné (via un service comme OrderBridge Relay) lisse davantage cet effet dans le temps, puisque le réapprovisionnement du stock se fait par lots plus importants et moins fréquents plutôt que commande par commande.
Ce que ça change pour vos commandes
Concrètement, ça veut dire des coûts de transport international qui restent hauts pour l'instant, sans signe clair de détente rapide. C'est aussi un argument de plus pour grouper les commandes plutôt que de multiplier les petits envois séparés : les coûts fixes de traversée pèsent proportionnellement moins sur un envoi consolidé.
En résumé
Les taux de fret maritime Chine-Europe reculent légèrement semaine après semaine mais restent élevés, sous l'effet combiné du contournement de la mer Rouge, de sailings annulés et d'un engorgement portuaire à Shanghai. On continue de suivre ces indices pour vous.
