La micro-entreprise reste suffisante tant que votre chiffre d'affaires de vente de marchandises ne dépasse pas 203 100 € par an, le nouveau plafond en vigueur pour 2026-2028. Mais la franchise de TVA s'arrête bien avant, dès 85 000 €, et c'est souvent ce second seuil, pas le premier, qui décide du moment où la SASU devient plus pertinente pour un vendeur qui importe de Chine.
Le plafond micro-entreprise pour l'achat-revente en 2026
Pour l'activité de vente de marchandises, c'est-à-dire l'achat-revente pratiquée par la plupart des vendeurs Amazon, Cdiscount ou Shopify qui importent de Chine pour revendre, le plafond de chiffre d'affaires annuel hors taxes de la micro-entreprise est passé à 203 100 € pour la période 2026-2028, contre 188 700 € sur la période précédente (2023-2025). C'est le seuil au-delà duquel le régime micro-fiscal et micro-social lui-même devient inaccessible.
Ce plafond ne concerne que la vente de marchandises. Il ne faut pas le confondre avec le plafond applicable aux prestations de services, nettement plus bas, qui ne concerne pas un vendeur qui se limite à de l'achat-revente.
Le vrai piège : le seuil de TVA, bien plus bas que le plafond du statut
La franchise en base de TVA pour la vente de marchandises reste fixée à 85 000 € (seuil de base) et 93 500 € (seuil de tolérance) en 2026. Un projet de réforme avait envisagé d'abaisser ce seuil à 37 500 € pour (presque) toutes les activités, mais la loi du 3 novembre 2025 a stabilisé les seuils existants, écartant pour l'instant cette unification.
Concrètement, un vendeur qui importe en volume depuis la Chine franchit souvent ce seuil de TVA bien avant d'atteindre le plafond du statut micro-entreprise. Dès que c'est le cas, il doit facturer la TVA à ses clients, ce qui change le calcul de marge sur chaque produit vendu, sans pour autant devoir changer de statut juridique : on peut rester micro-entrepreneur tout en étant assujetti à la TVA.
Charges sociales : un pourcentage du chiffre d'affaires, pas du bénéfice
En micro-entreprise, les cotisations sociales pour la vente de marchandises représentent 12,30 % du chiffre d'affaires encaissé, quel que soit le montant réel de vos coûts d'achat, de transport ou de douane. C'est un point souvent sous-estimé par les vendeurs qui débutent : ce pourcentage s'applique sur le total des ventes, pas sur la marge qui reste après avoir calculé le coût réel du produit importé.
Sur un produit à faible marge, où le coût d'achat et de transport pèse déjà lourd dans le prix de vente, payer 12,30 % sur le chiffre d'affaires brut peut représenter une part bien plus importante du bénéfice réel que ne le laisse penser le pourcentage affiché.
Quand la SASU devient plus avantageuse
La SASU permet de déduire les charges réelles de l'activité (achat de la marchandise, frais de transport et de douane, commission d'un agent de sourcing) avant d'être imposé, contrairement à la micro-entreprise qui applique un abattement forfaitaire sans tenir compte des dépenses effectives. Pour un vendeur dont les marges sont serrées ou qui approche les seuils de TVA et du régime micro, ce mode de calcul change souvent le résultat net plus que le choix entre les deux statuts eux-mêmes.
La SASU devient également pertinente dès que vous envisagez d'embaucher, de faire entrer un investisseur, ou simplement de séparer plus nettement votre patrimoine personnel de celui de votre activité, ce que la micro-entreprise permet moins naturellement. En contrepartie, elle implique une comptabilité complète, souvent confiée à un expert-comptable, là où la micro-entreprise se limite à un livre des recettes.
Ce que ça change concrètement pour un vendeur qui sourcing en Chine
Si vous démarrez avec un seul produit testé en petites quantités, la micro-entreprise reste le point d'entrée le plus simple, y compris pour commencer sans minimum de commande. Si vous scalez un produit qui marche et que les frais de sourcing, de transport international et de douane deviennent une part significative de votre prix de revient, la SASU permet de les déduire un par un plutôt que de subir un abattement forfaitaire qui ne reflète pas votre réalité.
Dans les deux cas, le statut juridique ne change rien à la mécanique du sourcing elle-même : que vous soyez en micro-entreprise ou en SASU, un agent de sourcing négocie avec l'usine, contrôle la marchandise et organise le transport de la même façon jusqu'à votre entrepôt ou votre client final.
Questions fréquentes
**Peut-on importer de Chine et revendre en micro-entreprise ?** Oui, tant que le chiffre d'affaires de vente de marchandises reste sous le plafond de 203 100 € en vigueur pour 2026-2028.
**À partir de quel chiffre d'affaires dois-je facturer la TVA ?** Dès que vous dépassez 85 000 € de chiffre d'affaires annuel pour la vente de marchandises, avec une tolérance jusqu'à 93 500 € l'année du dépassement.
**La micro-entreprise permet-elle de déduire les frais de transport et de douane ?** Non, elle applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires, sans tenir compte des dépenses réelles. C'est l'un des principaux arguments en faveur d'une SASU quand ces frais deviennent significatifs.
**Que se passe-t-il si je dépasse le plafond deux années de suite ?** Vous sortez du régime micro-entreprise et basculez vers un régime réel d'imposition, ce qui est souvent le signal qu'il est temps d'envisager une société comme la SASU en amont plutôt que d'y être poussé dans l'urgence.


