Depuis le 1er septembre 2026, la réforme française de la facturation électronique n'est plus un projet à venir : elle s'applique. Beaucoup de vendeurs marketplace et Shopify pensent que le sujet ne les concerne pas encore parce qu'ils sont de petites structures. C'est à moitié vrai, et la moitié qui reste peut coûter cher si elle est ignorée trop longtemps.
Ce qui devient obligatoire dès maintenant
À partir de cette date, toutes les entreprises françaises concernées par la réforme, sans exception de taille, doivent être en mesure de recevoir une facture électronique via une plateforme agréée, une PDP (plateforme de dématérialisation partenaire). Ce n'est plus une option technique, c'est une obligation légale, fondée sur l'article 289 bis du code général des impôts.
Les grandes entreprises et les ETI (entreprises de taille intermédiaire) ont, elles, une obligation supplémentaire dès le 1er septembre 2026 : elles doivent émettre leurs factures sous forme électronique et transmettre leurs données de transaction à l'administration fiscale, ce qu'on appelle l'e-reporting.
Si vous êtes une PME, une TPE ou une micro-entreprise
La bonne nouvelle : l'obligation d'émettre des factures électroniques ne s'applique aux PME, TPE et micro-entreprises qu'à partir du 1er septembre 2027, un an plus tard. La plupart des vendeurs qui sourcent en Chine pour Amazon, Shopify, Cdiscount ou toute autre marketplace entrent dans cette catégorie et ont donc encore une année devant eux sur ce point précis.
En revanche, l'obligation de pouvoir recevoir une facture électronique, elle, s'applique dès maintenant, à toutes les tailles d'entreprise. Si un de vos fournisseurs, un prestataire logistique ou un partenaire vous envoie déjà une facture au format électronique via une PDP, vous devez être capable de la recevoir et de la traiter, même si vous n'avez encore rien à émettre vous-même.
Pourquoi ça vaut le coup de s'y mettre maintenant plutôt qu'en 2027
Se connecter à une PDP, choisir un logiciel de facturation compatible, adapter sa comptabilité : tout ça prend du temps, surtout quand on gère seul sa boutique en ligne en plus du sourcing et de la logistique. Attendre la dernière ligne droite avant septembre 2027 revient à s'exposer au même embouteillage administratif que tous les vendeurs qui auront attendu aussi.
L'administration a prévu une période de tolérance : pendant la phase de démarrage, aucune sanction ne sera appliquée aux entreprises qui rencontrent des difficultés mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Ce n'est pas une raison pour ne rien faire, c'est une fenêtre pour s'organiser sans pression.
Une obligation de plus parmi d'autres
La facturation électronique s'ajoute à une liste déjà longue d'obligations fiscales et déclaratives pour qui vend en ligne : le guichet unique de TVA à l'import (IOSS) pour les envois depuis la Chine, ou la déclaration DAC7 que les plateformes transmettent désormais au fisc sur vos ventes. Aucune de ces réformes n'est isolée : elles avancent toutes dans le même sens, celui d'une traçabilité fiscale beaucoup plus fine du commerce en ligne, y compris quand la marchandise vient de Chine.
En résumé
Si vous êtes une petite ou moyenne structure, vous avez jusqu'en septembre 2027 pour émettre vos propres factures électroniquement, mais vous devez déjà être capable d'en recevoir depuis le 1er septembre 2026. Le plus simple reste d'en parler à votre expert-comptable dès maintenant, pour choisir une plateforme agréée avant que tout le monde s'y mette en même temps.
