Entre janvier et août 2026, la Chine a ouvert 115 nouvelles routes aériennes internationales dédiées au fret, avec 292 vols aller-retour supplémentaires ajoutés chaque semaine. C'est le chiffre communiqué le 29 août 2026 par le comité logistique aérienne de la Fédération chinoise de la logistique et des achats (CFLP), relayé le 3 septembre par Global Times. Sur ces 115 routes, 41 relient la Chine à l'Europe, 57 à d'autres pays d'Asie, 13 à l'Amérique du Nord, 3 à l'Afrique et 1 à l'Amérique du Sud.
Une progression continue depuis le début de l'année
Ce chiffre s'inscrit dans une tendance suivie mois après mois par les autorités chinoises. En juin, un premier bilan sur les cinq premiers mois de l'année faisait déjà état de 80 nouvelles routes, dont 35 vers l'Europe, selon les mêmes données relayées par CGTN. Le rythme d'ouverture ne faiblit donc pas : rien qu'en août, 11 routes et 34 vols hebdomadaires supplémentaires se sont ajoutés au total.
Un paradoxe seulement en apparence
Ce chiffre peut surprendre à côté d'un autre, publié à peu près à la même période : la capacité de fret aérien sur l'axe Chine-Europe s'est nettement resserrée depuis l'entrée en vigueur du droit de douane de 3 € par article, et les exportations e-commerce chinoises vers l'Europe ont reculé de 25 % en août. Les deux informations ne se contredisent pas : le nombre de routes aériennes ouvertes mesure le réseau disponible sur le papier, pas le taux de remplissage réel des avions ni le volume de petits colis e-commerce qui y transitent. Une compagnie peut très bien ouvrir une nouvelle liaison tout en constatant que la demande sur les colis unitaires de faible valeur baisse.
Pourquoi la Chine pousse sur le fret aérien
Cette expansion du réseau s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification des débouchés commerciaux chinois, alors que les tensions commerciales avec les États-Unis restent vives sur plusieurs catégories de produits. Ouvrir de nouvelles routes vers l'Europe, l'Asie du Sud-Est et l'Afrique permet aux compagnies aériennes cargo chinoises de répartir leurs capacités sur davantage de destinations plutôt que de dépendre d'un nombre restreint de grands axes.
Ce que ça veut dire pour le fret Chine-Europe
Ce développement du réseau profite d'abord au fret classique, celui des entreprises qui expédient des volumes groupés plutôt que des colis individuels taxés à l'unité. Plus de routes disponibles signifie en théorie plus de concurrence entre compagnies et davantage de résilience en cas de perturbation sur une liaison donnée. Mais cela ne se traduit pas mécaniquement, ni immédiatement, par une baisse des tarifs sur les petits envois.
En résumé
Le réseau aérien international chinois continue de s'étoffer, avec l'Europe comme deuxième destination la plus concernée après l'Asie elle-même. C'est un signal de fond plutôt qu'un événement isolé, à suivre en parallèle de l'évolution des tarifs de transport sur l'axe Chine-Europe dans les mois qui viennent.
