À partir du 1er octobre 2026, l'Autriche applique une taxe nationale de 2 € sur les colis issus de la vente à distance, une mesure distincte du droit de douane européen de 3 € déjà en vigueur depuis juillet. Le texte, publié par le ministère autrichien des Finances, précise que la taxe s'applique à toute livraison dont le fait générateur intervient après le 30 septembre 2026.
Concrètement : 2 € par colis livré, ou 2 € par commande si celle-ci donne lieu à une livraison imposable. Une mécanique qui rappelle celle testée puis abandonnée par la France plus tôt cette année (voir notre article sur la taxe française suspendue), mais avec une différence de taille : celle-ci n'est pas remplacée par le dispositif européen, elle s'y ajoute.
Qui doit payer cette taxe
Le texte cible les vendeurs à distance dont les ventes vers l'Autriche ont dépassé 100 millions d'euros lors de l'exercice fiscal précédent. Le siège de l'entreprise n'a pas d'importance : un vendeur basé en Chine, aux États-Unis ou dans un autre pays de l'UE est logé à la même enseigne dès qu'il franchit ce seuil.
Quand la vente passe par une marketplace, c'est elle qui est considérée comme ayant réalisé la vente à distance, au même titre que pour la TVA via le mécanisme du fournisseur présumé. Les transactions entre professionnels (B2B) et entre particuliers (C2C) restent hors du champ de la taxe.
Ce n'est pas la même chose que le droit de douane de 3 €
Il ne faut pas confondre les deux dispositifs. Le droit forfaitaire de 3 € est une mesure européenne, appliquée à l'échelle de toute l'UE depuis le 1er juillet 2026, qui remplace l'ancienne exonération de minimis pour les colis de moins de 150 €. Un futur frais de traitement douanier de 2 € doit aussi s'y ajouter au niveau européen à partir de novembre 2026.
La taxe autrichienne, elle, est purement nationale. Elle ne remplace rien, elle se superpose. Pour un consommateur autrichien qui achète un colis venu de Chine chez un gros vendeur, la facture pourrait donc cumuler jusqu'à trois lignes distinctes une fois les trois mesures en place.
Le calendrier des surcharges qui s'empilent
- 1er juillet 2026 : droit forfaitaire européen de 3 € par article, en remplacement de l'exonération de minimis.
- 1er octobre 2026 : taxe nationale autrichienne de 2 € par colis, pour les vendeurs dépassant 100 millions d'euros de ventes en Autriche.
- 1er novembre 2026 : frais de traitement douanier européen de 2 €, qui doit s'appliquer à l'échelle de l'UE.
Un seuil qui vise surtout les grosses marketplaces
Avec un seuil fixé à 100 millions d'euros de ventes annuelles vers l'Autriche, cette taxe ne concerne presque aucun petit vendeur indépendant. Elle vise en pratique les grandes plateformes qui pèsent lourd sur ce marché, celles-là mêmes qui répercutent ensuite le coût sur leurs prix ou sur les vendeurs qu'elles hébergent.
C'est le signal qui compte davantage que le montant : l'Autriche n'est pas le seul pays à envisager d'ajouter sa propre couche de taxation par-dessus la réforme douanière européenne. D'autres États membres pourraient être tentés de suivre le même chemin dans les prochains mois, chacun avec ses propres seuils et modalités.
En résumé
Si vous vendez via OrderBridge et que votre volume reste loin du seuil de 100 millions d'euros, cette taxe autrichienne ne vous concerne pas directement. Mais elle confirme une tendance à surveiller : la fiscalité sur les colis venus de Chine se complexifie pays par pays, en plus du cadre européen. Pour anticiper l'impact réel sur vos coûts d'atterrissage, notre page tarifs de transport détaille les facteurs qui pèsent sur le prix final d'un envoi.
