Entre le 1er mars et le 30 juin 2026, la France a appliqué sa propre taxe de 2 € sur les petits colis importés de pays hors Union européenne. Elle vient d'être suspendue au 1er juillet, remplacée par le droit de douane européen de 3 € dont on parle beaucoup plus depuis cet été. Beaucoup de vendeurs confondent encore les deux mesures, alors qu'elles n'ont coexisté que quatre mois et ne s'appliquent plus du tout de la même façon aujourd'hui.
Une taxe nationale, née avant la mesure européenne
La taxe française reposait sur l'article 82 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Elle visait, comme la mesure européenne qui a suivi, les colis d'une valeur inférieure à 150 € en provenance de pays tiers, et se calculait exactement de la même manière : par article selon sa classification douanière, et non par colis dans son ensemble. Un envoi de quatre pantalons identiques ne comptait que pour un seul article taxé à 2 €, alors qu'un colis mélangeant pantalons et chemises comptait pour deux classifications, donc 4 € au total.
C'est le même principe que le droit de douane européen de 3 € entré en vigueur au 1er juillet 2026, qui a fini par prendre le relais sur l'ensemble du territoire de l'UE.
Pourquoi la France a fait marche arrière
Le gouvernement a justifié la suspension par un communiqué du 30 juin 2026 : maintenir la taxe française en parallèle du nouveau droit européen aurait fait payer deux fois la même chose sur certains flux. Mais la vraie raison tient surtout au constat fait par la direction générale des Douanes, à savoir que de nombreux opérateurs avaient tout simplement contourné la taxe française en faisant dédouaner leurs colis dans d'autres pays de l'UE avant de les réexpédier vers la France, un contournement qui aurait fait fondre les volumes taxés d'environ 90 % depuis mars.
Ce chiffre confirme ce que l'impact du droit de douane de 3 € sur les importations laissait déjà deviner : dès qu'une taxe ne s'applique qu'à l'échelle d'un seul pays, les flux se réorganisent pour la contourner. C'est précisément ce que la mesure européenne, appliquée de façon uniforme dans les 27 États membres depuis le 1er juillet, rend beaucoup plus difficile à faire.
Ce qui reste en vigueur aujourd'hui
En clair, la taxe française de 2 € n'existe plus depuis le 1er juillet 2026. Seul le droit de douane européen de 3 € par article s'applique désormais sur les colis de moins de 150 € venant de Chine ou d'ailleurs hors UE, et ce jusqu'en juillet 2028 selon le texte actuel. Pour un vendeur qui reçoit ses produits en petits colis individuels plutôt que par expédition groupée, la note a donc légèrement augmenté depuis juillet, mais elle est désormais identique partout en Europe, ce qui ferme la porte aux stratégies de contournement via un autre pays membre.
Le vrai levier reste le mode d'expédition
Cet épisode rappelle surtout pourquoi grouper les commandes plutôt que multiplier les petits colis individuels garde tout son intérêt fiscal autant que logistique. Le fonctionnement d'OrderBridge, où les marchandises transitent par un entrepôt à Shenzhen avant une expédition groupée, est justement pensé pour sortir de la logique du colis unitaire taxé à l'article. Le fonctionnement détaillé du processus n'a pas changé avec cette réforme fiscale, seule la fiscalité à l'entrée sur le territoire européen a bougé.
