Après la vaisselle et la céramique chinoises, taxées à 79 % par l'Union européenne, et après les étagères métalliques, visées par une procédure d'enregistrement ouvrant la voie à des droits rétroactifs, Bruxelles a ouvert deux nouvelles enquêtes antidumping contre des importations chinoises : l'aspirine et les polyols, deux familles de produits chimiques très éloignées l'une de l'autre, mais toutes deux visées par le même type de procédure.
L'aspirine chinoise dans le viseur depuis fin septembre
La Commission européenne a ouvert, le 23 septembre 2026, une enquête antidumping sur les importations chinoises d'acide acétylsalicylique, la molécule à la base de l'aspirine. La plainte a été déposée par une entreprise pharmaceutique française, qui estime que des fournisseurs chinois vendent cette substance sur le marché européen à des prix inférieurs à leur valeur normale, ce qui fausserait la concurrence au détriment des producteurs européens.
Comme pour toute procédure antidumping, l'ouverture de l'enquête ne signifie pas encore qu'un droit sera appliqué. La Commission doit d'abord instruire le dossier, ce qui prend généralement plusieurs mois.
Les polyols, une procédure ouverte depuis l'été
Moins visible dans l'actualité, une deuxième enquête vise depuis le 30 juin 2026 certains polyols polyéthers importés de Chine, des composants chimiques utilisés notamment dans la fabrication de mousses et de polyuréthanes, classés sous un code de nomenclature douanière précis. Les parties concernées (importateurs, utilisateurs industriels) disposent de délais très courts, parfois une semaine seulement, pour se faire connaître et défendre leurs intérêts dans la procédure. Si l'enquête conclut à un dumping avéré, elle peut déboucher sur des droits antidumping substantiels.
Un rythme de procédures qui s'accélère
Ces deux nouvelles enquêtes s'ajoutent à une liste déjà longue de produits chinois sous surveillance antidumping en Europe, et interviennent alors que la France et l'Allemagne poussent par ailleurs pour un outil de défense commerciale plus large, capable de viser des secteurs entiers plutôt qu'un seul produit à la fois. Le mouvement général va clairement dans le sens d'un contrôle plus strict des importations chinoises, produit par produit pour l'instant, mais potentiellement plus systémique à l'avenir.
Ce qui compte si vous importez un produit chimique ou industriel
La plupart des vendeurs qui sourcent en Chine pour une marketplace ou une boutique Shopify ne sont pas directement concernés par l'aspirine ou les polyols. Mais le principe reste valable pour n'importe quel produit : si votre référence relève d'un code de nomenclature douanière (code SH) déjà sous enquête antidumping, la valeur en douane déclarée et le montant final des droits à payer peuvent évoluer brutalement une fois la procédure close. Un vendeur qui importe des produits chimiques, des pièces plastiques ou des matériaux de construction depuis la Chine a intérêt à vérifier régulièrement si sa référence figure sur une liste d'enquête en cours.
C'est un point que notre équipe vérifie pour chaque client au moment de la mise en place d'un sourcing, précisément pour éviter la mauvaise surprise d'un droit antidumping qui tombe en cours de route.
En résumé
Bruxelles a ouvert deux nouvelles enquêtes antidumping contre des importations chinoises : l'aspirine depuis le 23 septembre 2026, et certains polyols depuis le 30 juin 2026. Aucune décision finale n'a été prise, mais le nombre de procédures de ce type continue d'augmenter. Nous suivrons l'évolution de ces deux dossiers sur le blog au fil des prochains mois.

