La semaine du 5 octobre 2026 a été présentée par plusieurs médias économiques comme une semaine charnière pour les relations commerciales entre l'Union européenne et la Chine. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, s'est rendu à Pékin pour tenter d'obtenir des concessions chinoises et désamorcer une tension qui monte depuis plusieurs mois, sur fond de déficit commercial persistant entre les deux blocs.
En parallèle, et le même jour, la France et l'Allemagne ont fait circuler un document conjoint proposant un nouvel outil de défense commerciale pour l'Union européenne, bien plus large que les mesures antidumping classiques.
Un déficit commercial qui pèse sur les discussions
Le contexte n'est pas nouveau : l'Union européenne importe beaucoup plus de Chine qu'elle n'y exporte, et ce déséquilibre nourrit depuis plusieurs mois les discussions sur la politique commerciale européenne. Ce même déséquilibre est à l'origine, en partie, de la réforme douanière européenne entrée en vigueur cette année et des droits de douane sur les petits colis déjà appliqués depuis l'été.
La France et l'Allemagne veulent un outil plus systémique
Le document franco-allemand, daté du 5 octobre 2026, propose un instrument capable de "réagir de façon décisive et systémique" face à des pays tiers qui refuseraient d'instaurer des conditions commerciales équitables, même après des pressions diplomatiques ou économiques. Contrairement aux procédures antidumping actuelles, qui visent un produit précis après une plainte d'une entreprise, cet outil permettrait à la Commission européenne d'ouvrir une enquête de sa propre initiative, sans attendre de plainte, et de viser des chaînes de valeur entières plutôt qu'un seul produit.
Le texte évite de nommer la Chine directement, mais le contexte de sa publication, à la veille du déplacement du commissaire Šefčovič à Pékin, ne laisse guère de doute sur la cible visée.
Le sommet européen des 15 et 16 octobre à surveiller
Le Conseil européen doit se réunir les 15 et 16 octobre 2026 et discuter, parmi d'autres sujets, du renforcement de la boîte à outils de défense commerciale de l'Union. C'est à cette échéance qu'il faudra regarder si la proposition franco-allemande se transforme en texte concret, ou reste un simple document d'orientation sans suite immédiate.
Ce que ça peut changer si vous sourcez en Chine
Rien n'est encore décidé, et il serait prématuré d'anticiper des mesures précises. Mais la tendance de fond est claire : l'Union européenne multiplie les instruments de défense commerciale depuis plusieurs mois, qu'il s'agisse de droits antidumping ciblés ou, demain peut-être, d'un outil plus large capable de viser des secteurs entiers. Pour un vendeur qui dépend d'une seule usine ou d'un seul type de produit sourcé en Chine, c'est une raison de plus de ne pas tout faire reposer sur un seul fournisseur, au cas où un secteur précis se retrouve visé par une mesure future.
Chez OrderBridge, l'équipe suit ces évolutions réglementaires au fil de l'eau pour prévenir ses clients dès qu'une mesure concrète affecte réellement les coûts ou les délais d'importation.
En résumé
L'Union européenne et la Chine traversent une semaine de tension commerciale marquée par un déplacement diplomatique à Pékin et une proposition franco-allemande pour un outil de défense commerciale plus large. Rien n'est tranché avant le sommet européen du 15 et 16 octobre. Nous reviendrons sur le sujet dans nos prochaines publications dès que des décisions concrètes seront prises.


