Depuis le 17 avril 2026, Amazon applique une surtaxe de 1,5 % sur les frais d'expédition facturés aux vendeurs qui utilisent Expédié par Amazon (FBA) sur les marketplaces européennes. Le service Multi-Channel Fulfillment (MCF) est concerné depuis le 2 mai 2026. L'information, reprise indépendamment par plusieurs médias spécialisés e-commerce, ne touche ni le prix de vente affiché ni la commission sur les ventes : elle porte uniquement sur les frais logistiques du service FBA.
À titre de comparaison, les vendeurs FBA en Amérique du Nord, États-Unis et Canada, ont vu une surtaxe plus élevée s'appliquer au même moment, autour de 3,5 %, soit environ 0,17 dollar par unité expédiée.
Un coût qui reste invisible pour le client final
Cette surtaxe ne se voit jamais sur le prix affiché au consommateur : elle vient directement rogner la marge du vendeur. Sur un volume de 100 000 unités expédiées par mois, la hausse représente environ 5 000 € de coût supplémentaire mensuel, un montant qui passe souvent inaperçu ligne par ligne mais qui pèse lourd sur l'année.
C'est le genre de hausse discrète que beaucoup de vendeurs découvrent seulement en fin de mois, en comparant leur relevé de frais Amazon à celui du mois précédent.
Amazon justifie généralement ce type d'ajustement par la hausse des coûts de carburant et de transport supportés par son réseau logistique. Sur le papier, la logique se tient. Dans les faits, c'est une nouvelle ligne de coût que le vendeur ne peut ni négocier ni éviter, contrairement à ce qu'il paie à son fournisseur ou à son agent de sourcing.
Pourquoi ça rend le prix d'achat encore plus décisif
Quand les frais de plateforme augmentent, le seul levier qui reste vraiment entre les mains du vendeur, c'est le prix payé à l'usine ou à l'agent. Une négociation mal menée ou un manque de transparence sur la marge d'intermédiation devient d'autant plus coûteux que les frais fixes du côté marketplace continuent de grimper, une dynamique déjà en tension avec le droit de douane de 3 € entré en vigueur cet été.
C'est aussi un rappel que le choix entre FBA et FBM n'est jamais figé : une hausse de frais FBA répétée peut, sur certaines références à faible marge, faire basculer le calcul en faveur d'une gestion en direct.
Ce qu'un vendeur peut réellement faire
Il n'existe pas de moyen d'éviter cette surtaxe si vous restez sur FBA, elle s'applique uniformément. Ce qui reste jouable, c'est tout ce qui se passe en amont, du côté du sourcing : négocier un prix d'achat honnête plutôt qu'un prix gonflé par un intermédiaire opaque, éviter les envois individuels coûteux en misant sur un fonctionnement plus prévisible, et suivre de près l'évolution de ses coûts totaux plutôt que de subir les hausses une par une.
Pour comparer vos coûts actuels de sourcing et de transport, la page tarifs de transport détaille les facteurs qui font varier la facture, en dehors des frais propres à chaque marketplace.
Autre réflexe utile : revoir régulièrement son prix de vente sur les références où la marge s'est érodée au fil des hausses successives, plutôt que de laisser un prix fixé il y a un an absorber silencieusement chaque nouvelle surtaxe.
En résumé
1,5 % de plus sur les frais FBA en Europe, ça ne casse pas un modèle économique à soi seul. Mais cumulé aux autres hausses de 2026, droit de douane de 3 € et tensions sur le fret aérien, ça confirme une tendance : la marge se construit de plus en plus en amont, sur le sourcing, plutôt qu'en aval, sur le prix de vente.
