La Commission européenne a ouvert, le 24 septembre 2026, une enquête antidumping sur les importations d'éthers de cellulose en provenance de Chine et de Corée du Sud. La procédure a été déclenchée par une plainte déposée le 10 août 2026 par des entreprises néerlandaises, belges et allemandes, qui estiment que ces importations ont augmenté à la fois en volume et en part de marché, au point de porter un préjudice significatif à l'industrie européenne.
Un produit chimique peu connu mais omniprésent
Les éthers de cellulose sont des dérivés de la cellulose utilisés comme épaississants, liants ou agents de rétention d'eau. On les retrouve notamment dans les mortiers, les colles pour carrelage, les peintures et certains produits pharmaceutiques ou alimentaires. Le secteur de la construction en est le principal consommateur en Europe, ce qui explique que la plainte provienne de pays où cette industrie chimique de spécialité est particulièrement présente.
Quelle période est examinée
L'enquête porte sur la période du 1er avril 2025 au 31 mars 2026 pour évaluer l'existence d'un dumping. Comme pour toute procédure antidumping européenne, la Commission dispose en principe de 14 mois pour conclure l'enquête, avec la possibilité d'imposer des mesures provisoires dans les 7 à 8 premiers mois si les éléments recueillis le justifient. Rien ne garantit à ce stade qu'une taxe sera effectivement instaurée : une enquête antidumping peut aussi se clore sans mesure si les preuves de dumping ou de préjudice ne sont pas confirmées.
Encore un dossier sur la pile des contentieux commerciaux UE-Chine
Cette enquête s'ajoute à une liste déjà longue de procédures antidumping et antisubventions visant des produits chinois en 2026, qui a vu la Commission agir sur des dossiers aussi variés que les pneus, les bougies ou la céramique. Pour un vendeur qui importe des produits finis plutôt que des matières premières chimiques, ce dossier précis n'a pas d'impact direct. Mais il illustre une dynamique à surveiller : plus les tensions commerciales s'accumulent secteur par secteur, plus le risque de nouvelles mesures sur des catégories de produits de consommation augmente avec le temps.
Pour savoir si un produit que vous importez est concerné par une mesure antidumping en vigueur, le code SH de la marchandise reste le point de départ incontournable, comme expliqué dans notre article sur la classification douanière. En cas de doute sur une ligne tarifaire sensible, mieux vaut vérifier avant de lancer une production en volume plutôt qu'après réception de la facture douanière.
Qui peut se faire entendre
Les producteurs-exportateurs chinois et sud-coréens, les importateurs indépendants et les producteurs européens concernés sont invités à se faire connaître auprès de la Commission et à répondre à des questionnaires via le portail TRON.tdi, avec des délais de réponse qui courent sur plusieurs semaines après l'ouverture de l'enquête. Un dossier à suivre dans les prochains mois, notamment si la Commission décide d'imposer un enregistrement préalable des importations en attendant ses conclusions.


