Si vous sourcez de la vaisselle, des bols, des tasses ou d'autres articles de table et de cuisine en céramique en Chine, un changement réglementaire mérite votre attention. Depuis le 6 février 2026, l'Union européenne applique un droit antidumping qui peut atteindre 79 % sur ces produits, contre 13,1 % à 36,1 % auparavant selon les producteurs.
Ce n'est pas une nouveauté totale : des droits antidumping existent sur cette catégorie depuis plusieurs années. Mais le relèvement est net, et il touche directement les vendeurs marketplace ou Shopify qui proposent de la vaisselle décorative ou fonctionnelle sourcée en Chine.
Ce que dit le règlement
Le règlement d'exécution (UE) 2026/274, publié au Journal officiel de l'Union européenne, porte sur les assiettes, bols, tasses et autres articles en céramique pour la table et la cuisine originaires de Chine. Les taux individuels, qui allaient de 13,1 % à 36,1 % selon le producteur, laissent place à un taux pouvant atteindre 79 % pour les sociétés non coopérantes ou non identifiées individuellement. La mesure s'applique pour cinq ans.
Concrètement, l'écart de prix entre une vaisselle sourcée en Chine et une vaisselle produite ailleurs (Turquie, Portugal, Europe de l'Est) se resserre fortement une fois ce droit intégré au calcul du coût de revient.
Pourquoi Bruxelles a durci le ton
La Commission européenne justifie ce relèvement par le constat que les producteurs chinois de céramique restent, selon elle, contrôlés ou orientés par les autorités publiques, avec un accès préférentiel au financement, au foncier et aux matières premières, ce qui leur permettrait d'exporter à des prix jugés artificiellement bas. La demande de réexamen a été portée par la fédération européenne du secteur, Cerame-Unie, qui représente une filière employant plus de 30 000 personnes en Europe.
Ce dossier n'est pas isolé : la céramique fait partie d'une liste plus large de catégories chinoises actuellement sous enquête antidumping à Bruxelles, aux côtés de secteurs comme l'acier ou certains équipements électriques.
Ce que ça change si vous sourcez ce type de produit
Le premier réflexe à avoir, c'est de vérifier le code SH exact de votre produit avant de lancer une production en volume : la différence entre un code taxé à 79 % et un code voisin non concerné peut représenter une marge entière. C'est un point qu'un cahier des charges précis, discuté avec votre usine avant validation, permet d'anticiper plutôt que de le découvrir au dédouanement.
Ce droit antidumping se cumule avec les autres taxes désormais applicables aux petits colis, dont le droit de douane fixe de 3 € par article entré en vigueur cet été. Pour un objet en céramique à faible valeur unitaire, l'addition des deux peut peser lourd dans le calcul de rentabilité.
En pratique
Si vous avez un projet de sourcing sur cette catégorie, le plus simple est d'intégrer ce droit dans votre calcul de prix de revient avant de vous engager sur un volume, plutôt qu'après réception de la facture douanière. Notre page tarifs du transport détaille les autres facteurs qui entrent dans le coût final d'un envoi depuis la Chine, et vous pouvez aussi nous demander un point sur le classement douanier de votre produit avant de lancer une production.
