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Sefcovic à Pékin : deux jours de discussions avec la Chine, mais toujours pas d'accord concret

9 octobre 2026 · 4 min de lecture

Le commissaire européen au Commerce a passé deux jours à Pékin pour tenter de désamorcer les tensions commerciales UE-Chine. Terres rares, accès au marché, surcapacités : ce qui s'est dit, et ce qui reste en suspens.

Illustration d'un contrôle douanier de documents d'import

Maros Sefcovic, le commissaire européen au Commerce, a passé deux jours à Pékin cette semaine, jeudi et vendredi, pour tenter de redresser une relation commerciale que Bruxelles juge de plus en plus déséquilibrée. Le déficit commercial de l'UE avec la Chine tourne autour d'un milliard d'euros par jour depuis 2025, et c'est ce chiffre qui a servi de point de départ à sa visite : « Premier jour en Chine, avec un objectif : commencer à rééquilibrer notre déficit commercial insoutenable », a-t-il résumé en arrivant.

On avait déjà évoqué la semaine décisive qui s'annonçait entre l'UE et la Chine, juste avant que Sefcovic ne s'envole pour Pékin. Les discussions ont bien eu lieu, mais sans déboucher sur un accord concret, et c'est peut-être le point le plus important à retenir pour qui importe depuis la Chine.

Ce qui était vraiment sur la table

  • L'accès aux terres rares, que l'UE veut sécuriser après les restrictions à l'export imposées par la Chine en 2025.
  • L'accès au marché chinois, jugé trop fermé par les entreprises européennes qui cherchent à s'y implanter.
  • Les surcapacités industrielles chinoises et les subventions d'État, accusées de faire chuter les prix dans des secteurs comme l'automobile.
  • Une réduction volontaire des exportations chinoises dans certains secteurs sensibles, les véhicules hybrides étant cités en exemple.
  • La valeur du yuan, jugée sous-évaluée par Bruxelles, et le risque que la Chine instrumentalise ses chaînes d'approvisionnement en cas de tensions.

Deux discours qui ne se rencontrent pas encore

Côté européen, le ton est grave. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a qualifié la situation de « point de bascule ». Côté chinois, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, a répondu que la résolution des différends était dans l'intérêt des deux parties, dans la consultation et le dialogue entre égaux, tout en avertissant que Berlin et Paris pourraient « subir elles-mêmes les conséquences » s'ils continuaient à pousser des outils protectionnistes européens.

Ce dernier point vise directement un sujet qui sera débattu mi-octobre lors d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'UE : une proposition franco-allemande qui permettrait à l'Union d'exclure rapidement les biens et services d'un pays du marché intérieur en cas de guerre commerciale. Le texte ne nomme pas la Chine, mais personne n'est dupe sur le pays visé.

Un accord global jugé irréaliste par les experts

Pour Ignacio Garcia Bercero, chercheur au think tank Bruegel, un accord global entre l'UE et la Chine reste irréaliste à ce stade. Un accord sectoriel, limité par exemple aux exportations automobiles, serait déjà une avancée. C'est à peu près le scénario le plus probable à l'issue de cette visite : pas de rupture, pas de percée non plus, mais un dialogue qui continue, et qui contraste avec l'accord commercial partiel déjà trouvé entre la Chine et les États-Unis fin septembre.

Ce qu'il faut en retenir si vous sourcez en Chine

Rien ne change dans l'immédiat sur les droits de douane ou les formalités d'import : cette visite n'a débouché sur aucune mesure nouvelle. Le point à surveiller reste les terres rares, utilisées dans une partie de l'électronique et des batteries : une nouvelle restriction à l'export du côté chinois, en cas d'échec des négociations, aurait un effet direct sur les prix et les délais pour certaines catégories de produits. Ce n'est pas le scénario annoncé cette semaine, mais c'est précisément le risque que Bruxelles cherche à écarter.

On continuera de suivre ce dossier dans les actus, notamment si l'UE active sa nouvelle proposition d'exclusion rapide du marché intérieur, un outil qui changerait clairement la donne pour les échanges avec la Chine.

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