Un chiffre qui interroge : en France, sur 775 millions de colis reçus en 2024, seuls 94 000 ont fait l'objet d'un contrôle physique par la douane. Soit à peine 0,01 %. C'est ce que révèle un rapport d'information du Sénat, "La nouvelle donne du commerce international", déposé en décembre 2025.
775 millions de colis, 94 000 contrôles
Le rapport pointe le décalage entre l'explosion du volume de petits colis importés hors UE, tirée en grande partie par les plateformes chinoises, et la capacité réelle des services douaniers à les contrôler physiquement. L'exemption de droits de douane qui existait jusqu'à récemment pour les colis de moins de 150 €, désormais remplacée par un droit fixe de 3 € par article, avait justement facilité cet afflux massif de petits envois individuels, plus difficiles à contrôler un par un qu'une poignée de gros conteneurs.
Ce que recommande le rapport
La recommandation n°10 du rapport demande un renforcement des contrôles douaniers et de ceux de la DGCCRF, en particulier sur les marketplaces d'origine chinoise, avec plus d'automatisation dans le ciblage des colis à risque et des sanctions renforcées en cas de manquement. Rien de tout ça n'est encore mis en œuvre à ce stade, mais la direction est donnée.
Ce que ça veut dire pour les vendeurs qui font les choses bien
Un taux de contrôle aussi bas peut donner l'impression que la conformité n'est pas vraiment vérifiée, mais c'est un pari risqué à long terme : des règles comme le GPSR ou la protection de votre marque existent indépendamment du taux de contrôle, et un rapport parlementaire qui pousse pour plus de moyens est un signal que ça ne va pas rester à ce niveau indéfiniment.
Le vrai risque n'est pas le contrôle, c'est la confiance
Pour un vendeur qui vend sur une marketplace ou sur son propre site, la vraie exposition n'est pas tant un contrôle douanier ponctuel qu'un produit non conforme repéré par un client, un concurrent, ou la plateforme elle-même, ce qui peut coûter bien plus cher qu'un contrôle raté. Travailler avec un processus de sourcing sérieux et documenté reste la meilleure protection, contrôle douanier ou pas.
En résumé
0,01 % de colis contrôlés physiquement, ça montre surtout que la douane fonctionne aujourd'hui sur du ciblage plutôt que sur du contrôle systématique. Le rapport du Sénat pousse pour plus de moyens, à surveiller dans les mois qui viennent.
