Le 2 juillet 2026, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, et le directeur général des douanes, Florian Colas, ont présenté le plan Douane 2030, une feuille de route sur cinq ans demandée par l'Élysée dès janvier 2026. L'objectif affiché : adapter les moyens de la douane française aux évolutions du commerce mondial et aux menaces émergentes, en particulier le trafic de stupéfiants et la contrefaçon. Le plan compte 30 mesures au total, mais deux d'entre elles concernent directement tous ceux qui importent depuis la Chine.
Le nombre de scanners va doubler d'ici 2030
Vingt-cinq scanners fixes et mobiles supplémentaires seront déployés sur le territoire entre 2027 et 2030, ce qui double la capacité actuelle. Le volume d'images collectées doit lui aussi doubler dès 2027, puis quadrupler d'ici 2030. Autrement dit, la douane française prévoit de scanner beaucoup plus de fret et de colis qu'aujourd'hui, sur les ports, les aéroports et les grands axes routiers.
L'intelligence artificielle pour trier tout ça
Analyser quatre fois plus d'images sans multiplier les effectifs dans les mêmes proportions suppose de s'appuyer sur l'intelligence artificielle pour repérer les envois suspects avant même le contrôle humain. Le plan prévoit aussi la création de 42 pôles régionaux spécialisés dans le renseignement et l'investigation, une dématérialisation complète des procédures douanières d'ici 2030, et la première hausse d'effectifs en dix ans.
Un rapport du Sénat qui donne le contexte
Ce plan intervient alors qu'un rapport du Sénat rappelait qu'à peine 0,01 % des colis venus de Chine sont physiquement contrôlés, faute de moyens suffisants face à l'explosion des volumes. Le plan Douane 2030 ne cible pas spécifiquement les petits colis e-commerce, il vise d'abord la drogue et la contrefaçon, mais plus de scanners et plus d'analyse automatisée signifient mécaniquement plus de colis examinés, y compris ceux qui transitent par les plateformes chinoises.
Ce qu'il faut en retenir pour vos envois
Rien ne change dans l'immédiat : les premiers scanners supplémentaires arrivent à partir de 2027. Mais la tendance va dans le même sens que la déclaration préalable ICS2 ou le numéro EORI, déjà obligatoires aujourd'hui : une documentation propre, facture correcte, code SH exact, déclarant identifié, devient un vrai avantage plutôt qu'une formalité qu'on bâcle. Un colis mal déclaré a statistiquement plus de chances d'être bloqué dans un contrôle renforcé que dans le système actuel.
En résumé
La France va doubler ses scanners douaniers et miser sur l'intelligence artificielle d'ici 2030, dans un plan qui vise en priorité les trafics illégaux mais qui va aussi augmenter mécaniquement la part de colis effectivement contrôlés. Ce n'est pas un changement pour demain, mais autant partir avec une déclaration en règle avant que les contrôles ne se multiplient.


