Le fret ferroviaire entre la Chine et l'Europe, longtemps présenté comme l'alternative crédible entre le bateau et l'avion, a reculé net en 2025. Selon les données de l'European Rail Alliance relayées par l'indice Upply, les volumes se sont établis à 310 579 EVP sur l'année, en baisse de 14,1 % par rapport à 2024.
Le détail par sens est encore plus marqué : le sens Chine vers Europe recule de 17,7 % à 272 157 EVP, et le sens Europe vers Chine tombe à 38 422 EVP, soit une baisse de 22,7 % et son plus bas niveau historique.
Pourquoi le train recule
Deux facteurs expliquent l'essentiel de la baisse. En septembre, la Pologne a fermé sa frontière avec la Biélorussie à la suite d'un survol de drones russes, ce qui a paralysé une partie du trafic ferroviaire sur cet axe pendant plusieurs semaines, un point de passage par lequel transite l'essentiel du corridor Chine-Europe.
L'autre facteur est plus structurel : une fois les perturbations en mer Rouge normalisées, les tarifs maritimes ont reculé, ce qui a redonné au bateau un avantage de prix que le train avait en partie comblé les années précédentes. Ajoutez à ça une demande européenne restée modérée, et le train perd sur les deux tableaux, le prix et la fiabilité.
Un corridor qui tient sur peu de points de passage
Le train Chine-Europe emprunte un nombre restreint de corridors terrestres, via le Kazakhstan, la Russie ou la Mongolie, puis la Biélorussie et la Pologne pour rejoindre l'Union européenne. Cette géographie explique pourquoi un seul incident frontalier, comme la fermeture polonaise de septembre, peut paralyser une part disproportionnée du trafic total. Le bateau, lui, dispose de routes maritimes alternatives, et l'avion peut changer d'aéroport de transit, deux marges de manœuvre que le rail n'a pas sur cet axe.
Le positionnement du train, entre avion et bateau
Sur le papier, le rail garde son positionnement habituel : plus rapide que le maritime, moins cher que l'aérien. Mais cet avantage ne vaut que si la route reste stable. Contrairement au bateau ou à l'avion, le train transite par un nombre limité de points de passage terrestres, ce qui l'expose directement à des décisions géopolitiques ponctuelles, comme la fermeture d'une frontière, d'une façon que les autres modes ne connaissent pas au même degré.
Ce que ça change pour le choix de votre transport
Pour la grande majorité des vendeurs marketplace ou Shopify que nous accompagnons, le ferroviaire reste un mode marginal : il s'adresse surtout à des flux B2B de gros volume, avec des délais de production planifiés longtemps à l'avance, pas au réapprovisionnement au fil de l'eau. Le fret maritime, malgré des taux qui restent sous tension cette rentrée, et l'aérien restent les deux références concrètes selon l'urgence de la commande.
Les facteurs qui font varier le prix final, mode choisi, poids, volume, catégorie de produit, sont détaillés sur notre page tarifs de transport.
En résumé
Le train Chine-Europe a perdu du terrain en 2025 à cause d'un incident frontalier ponctuel et d'un retour à la normale côté maritime. Ce n'est pas la fin du corridor ferroviaire, mais c'est un rappel que ce mode reste plus exposé aux aléas géopolitiques que le bateau ou l'avion, un critère à prendre en compte si un fournisseur vous le propose comme option.
