Depuis le 1er juillet 2026, tout colis de moins de 150€ importé en Europe depuis un pays tiers, la Chine en tête, est soumis à un droit de douane fixe de 3€, comme on l'a détaillé ici. Début septembre, Euratex, l'organisation qui représente l'industrie textile européenne, et plusieurs organisations professionnelles françaises ont fait savoir que ce montant leur semble largement insuffisant.
Ce qui est réclamé
Selon les informations publiées début septembre 2026, ces organisations demandent à la Commission européenne de porter les frais de traitement à environ 10€ par colis, contre 3€ actuellement. L'argument avancé : les 3€ actuels ne couvrent pas le coût réel des vérifications réglementaires et de la surveillance de marché qu'imposent ces contrôles supplémentaires.
Il faut être précis sur ce qui se joue ici : il s'agit d'une demande adressée à Bruxelles, pas d'une mesure adoptée ni même officiellement proposée par la Commission européenne à ce stade. Rien ne garantit qu'elle aboutira, ni sous quelle forme.
Un dossier qui bouge vite depuis un an
Ce n'est pas la première fois que ce type de montant est évoqué. Dès novembre 2025, la Commission avait déjà accéléré ses travaux sur un frais de traitement au niveau européen, avant que le droit de 3€ ne soit finalement mis en place cet été pour remplacer l'ancienne exonération de minimis sous 150€. Voir la demande d'Euratex comme la suite logique de ce mouvement plutôt que comme une nouveauté isolée aide à comprendre où va la réglementation : vers un renchérissement progressif de l'import de petits colis, pas vers un retour en arrière.
On voit le même mouvement du côté du malus anti-fast-fashion qui vise Shein et Temu depuis le 1er septembre 2026 : les textiles à bas coût importés de Chine sont clairement dans le viseur des régulateurs européens et français, sur plusieurs fronts à la fois.
Ce que ça signifie pour un vendeur qui importe de Chine
Si vous vendez du textile ou tout autre produit sourcé en Chine sur une marketplace ou votre propre site, ce dossier mérite d'être suivi même si rien n'est encore acté. Un passage à 10€ de frais fixes changerait sensiblement l'équation économique pour les envois unitaires de faible valeur, beaucoup plus que pour un import groupé qui passe par un entrepôt avant expédition au client final. C'est justement l'un des intérêts du modèle d'import en gros suivi d'une expédition locale : la fiscalité par colis pèse moins lourd rapportée à la valeur totale de la commande.
On mettra à jour ce suivi dès qu'une position officielle de la Commission européenne sera connue. En attendant, les vendeurs qui veulent estimer l'impact réel de ces évolutions sur leurs marges peuvent consulter les facteurs qui déterminent le coût du transport et de la douane.
