Depuis plusieurs années, le mot d'ordre du « China Plus One » pousse les entreprises occidentales à diversifier leur production vers le Vietnam, l'Indonésie ou l'Inde, pour limiter leur dépendance à la Chine et échapper aux droits de douane américains. Une enquête Reuters publiée le 14 septembre 2026 raconte un mouvement inverse, discret mais réel : certaines entreprises reviennent fabriquer en Chine après avoir tenté l'aventure ailleurs.
Ce qui coince vraiment à l'étranger
Le problème n'est presque jamais la main-d'œuvre elle-même. C'est l'écosystème industriel qui manque : impossible de trouver localement des composants basiques comme des vis ou des moules sans les importer de Chine. La chaîne d'approvisionnement se complique au lieu de se simplifier, et les économies attendues sur les droits de douane sont grignotées par les surcoûts logistiques et les retards de production.
L'électricité pose aussi problème : plusieurs entreprises citées évoquent une alimentation instable en Asie du Sud-Est, un souci aggravé par la flambée récente des prix du pétrole.
Des exemples concrets cités par Reuters
- Dawang Metals, une fonderie de Dandong, avait perdu un contrat au profit de l'Inde. Le client est revenu passer de nouvelles commandes après avoir rencontré des difficultés sur place.
- L'enseigne américaine Target a retransféré une partie de ses commandes vers des fournisseurs chinois après des perturbations dans sa chaîne d'approvisionnement.
- Shein réduit ses opérations de production au Vietnam.
- Jin Chaofeng, un exportateur de meubles, a fermé son atelier à Hô-Chi-Minh-Ville pour rapatrier sa production en Chine.
- DST Pack, une entreprise polonaise d'emballage, source désormais 80 % de sa production à Shenzhen pour la stabilité que la ville industrielle lui garantit.
Ce que ça dit pour un vendeur qui sourcing en Chine
Ce mouvement ne remet pas en cause l'intérêt du Vietnam ou de l'Indonésie pour certains produits ou certaines stratégies de long terme, ces pays continuent d'attirer des investissements étrangers. Mais il confirme une réalité qu'on répète souvent ici : diversifier ses usines ne veut pas dire quitter la Chine, ça veut dire ne pas dépendre d'un seul fournisseur. L'écosystème chinois, avec ses réseaux de sous-traitants et sa fiabilité électrique, reste difficile à reproduire ailleurs à coût égal.
Pour un vendeur marketplace ou Shopify qui débute, ça veut aussi dire qu'il n'y a pas d'urgence à se disperser sur plusieurs pays de production tant que votre agent de sourcing vous garantit une diversification suffisante au sein même de la Chine.
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