DHL Group a publié ce 7 octobre 2026 l'édition actualisée de son étude sur la mondialisation, intitulée « Tech Beats Tariffs ». Le message central : malgré la multiplication des droits de douane depuis 2025, le commerce mondial connaît sa croissance la plus rapide depuis quinze ans, hors rebond post-Covid.
Le rapport s'appuie sur les propres données de flux de DHL, complétées par des statistiques officielles de commerce extérieur. Les chiffres portent principalement sur la période de janvier à mai 2026.
Une croissance tirée par la technologie
Selon DHL, les biens liés à l'intelligence artificielle (puces, serveurs, équipements réseau) ont représenté 76 % de la croissance du commerce mondial au premier trimestre 2026, contre 42 % un an plus tôt. C'est ce basculement qui explique, en grande partie, l'écart entre les prévisions pessimistes de 2025 et la réalité observée cette année.
Le rapport prévoit une croissance annuelle moyenne de 3,4 % jusqu'en 2029, contre 2,7 % sur la décennie précédente. L'indice de mondialisation calculé par DHL a lui aussi atteint un niveau record de 25,8 % en 2025.
Qui gagne, qui recule
Les régions qui profitent le plus de cette dynamique ne sont pas forcément celles qu'on attendrait. L'Asie de l'Est et Pacifique affiche une hausse de 24 % de la valeur de ses échanges entre janvier et mai 2026 par rapport à la même période en 2025, l'Europe progresse de 12 %, et l'Afrique subsaharienne de 11 %.
Le commerce direct entre la Chine et les États-Unis, lui, continue de se réduire : il ne représente plus que 1,6 % du commerce mondial, contre un pic de 3,5 % en 2015. Les investissements américains vers la Chine sont tombés sous 1 % du total mondial, un signe que le découplage dépasse désormais le seul commerce de marchandises.
Ce que ça change, concrètement, pour vous
Pour un vendeur qui sourcing en Chine et vend en Europe, ce rapport confirme une tendance déjà visible dans l'actualité douanière : les flux Chine-Europe restent dynamiques, pendant que l'axe Chine-États-Unis se contracte, malgré l'accord commercial qui a réduit certains droits américains sur la Chine fin septembre. Une partie des volumes qui partaient autrefois vers les États-Unis continue de se rediriger vers l'Europe, un phénomène déjà documenté par le CEPII.
Côté Europe, la croissance de 12 % ne doit pas faire oublier que l'Union européenne a elle-même durci sa politique douanière envers les petits colis chinois, avec le droit de douane de 3 euros entré en vigueur cet été. Les deux mouvements, croissance du commerce global et durcissement ciblé sur les petits colis, ne sont pas contradictoires : DHL parle de volumes de marchandises au sens large, pas uniquement de colis e-commerce individuels.
DHL avait déjà placé l'IA au centre de ses prévisions logistiques pour 2026. Ce nouveau rapport confirme que la tendance dépasse largement son propre secteur : elle redessine la carte du commerce mondial, et avec elle, les routes sur lesquelles les transporteurs investissent en priorité.
Pour suivre ces évolutions sans devenir expert en statistiques douanières, le plus simple reste de s'appuyer sur un processus de sourcing et de transport déjà rodé plutôt que de chercher à anticiper seul chaque bascule géopolitique.



