Oui, un auto-entrepreneur peut tout à fait importer des marchandises depuis la Chine pour les revendre, que ce soit sur une marketplace ou sur son propre site. Le statut de micro-entrepreneur n'efface aucune des obligations douanières qui s'appliquent à n'importe quelle entreprise important depuis un pays hors Union européenne.
La confusion vient souvent de la franchise en base de TVA : elle dispense de facturer la TVA à vos clients, mais elle ne vous dispense pas de payer la TVA à l'importation, ni les droits de douane. Voici ce qu'il faut vérifier avant de passer votre première commande.
Un auto-entrepreneur a-t-il le droit d'importer depuis la Chine ?
Oui, rien dans le statut de micro-entrepreneur n'interdit d'importer des marchandises hors UE. Comme toute entreprise, vous devez vous enregistrer auprès de la douane et déposer une déclaration d'importation, le fameux Document Administratif Unique (DAU), pour chaque envoi professionnel.
Depuis 2015, une activité de négoce comme l'achat-revente à l'importation impose aussi une immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) pour obtenir un Kbis, même en micro-entreprise. C'est une démarche administrative de plus à anticiper avant la première commande, pas après.
Faut-il un numéro EORI quand on est auto-entrepreneur ?
Oui. Avant toute importation, vous devez obtenir un numéro EORI auprès du service des douanes, via une demande en ligne gratuite. Ce numéro vous identifie comme opérateur économique dans toute l'Union européenne et doit figurer sur votre déclaration d'importation dès le premier envoi professionnel. On détaille la démarche complète dans notre article sur le numéro EORI.
La franchise en base de TVA couvre-t-elle la TVA à l'import ?
Non, et c'est le point qui piège le plus de débutants. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA sur vos ventes en France, dans la limite du plafond annuel de votre régime. Elle ne change rien à la TVA due sur vos importations : celle-ci est perçue au moment où la marchandise entre sur le territoire de l'UE, quel que soit votre régime de TVA sur vos ventes.
Vous la payez, mais vous ne pouvez pas la récupérer tant que vous restez en franchise. Pour la récupérer, il faut y renoncer et opter pour le régime réel, ce que font beaucoup de vendeurs dès que leurs volumes augmentent.
Jusqu'où peut-on importer en restant en micro-entreprise ?
Le statut de micro-entrepreneur a un plafond de chiffre d'affaires annuel, au-delà duquel vous basculez automatiquement vers le régime de l'entreprise individuelle classique, avec perte de la franchise en base. C'est votre chiffre d'affaires de vente en France qui compte, pas le montant de vos achats en Chine.
Beaucoup de vendeurs changent de statut (SASU, EURL) avant même d'atteindre ce plafond, pour pouvoir récupérer la TVA sur leurs achats. On détaille les critères de ce choix dans notre comparatif micro-entreprise ou SASU pour vendre en ligne.
Comment sourcer sans minimum de commande quand on démarre seul ?
Un frein très concret pour un auto-entrepreneur qui débute : les usines chinoises demandent presque toutes un minimum de commande (MOQ) qu'un vendeur seul, avec une trésorerie limitée, ne peut pas toujours tenir. C'est le rôle d'un agent de sourcing, qui mutualise les commandes de plusieurs clients pour négocier ces volumes et permet d'acheter à l'unité, sans avancer le prix d'un plein conteneur. On explique notre fonctionnement sur la page travailler avec nous.
Questions fréquentes
**Un auto-entrepreneur peut-il importer depuis la Chine sans immatriculation au RCS ?** Non, dès que l'activité relève de l'achat-revente, l'immatriculation au RCS est obligatoire depuis 2015, y compris en micro-entreprise.
**Dois-je payer la TVA à l'importation même avec la franchise en base ?** Oui. La franchise porte sur vos ventes, pas sur la TVA due à l'entrée de la marchandise dans l'UE.
**Le numéro EORI est-il payant ?** Non, la demande se fait en ligne et gratuitement auprès de la douane française.
**Puis-je importer une seule pièce en tant qu'auto-entrepreneur ?** Juridiquement oui, mais la plupart des usines chinoises imposent un minimum de commande : passer par un agent qui mutualise les volumes est la solution la plus courante pour s'en affranchir sans société plus lourde.

