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Douane & réglementation

550 millions d'euros : l'amende record de Bruxelles contre AliExpress

16 septembre 2026 · 4 min de lecture

La Commission européenne a infligé une amende de 550 millions d'euros à AliExpress pour manquements au Digital Services Act. Ce que ça révèle sur le tour de vis réglementaire visant les marketplaces chinoises.

Illustration d'un scanner de fret en zone douanière

Le 20 juillet 2026, la Commission européenne a infligé à AliExpress une amende de 550 millions d'euros. C'est la sanction la plus lourde jamais prononcée au titre du Digital Services Act (DSA), le règlement européen qui encadre la responsabilité des grandes plateformes en ligne depuis 2022. Une décision passée relativement inaperçue en pleine trêve estivale, mais qui mérite un point précis tant elle illustre le durcissement en cours envers les marketplaces chinoises.

Ce qui est reproché à AliExpress

D'après le communiqué officiel de la Commission, les griefs sont nombreux : des équipes de modération jugées trop réduites par rapport aux risques identifiés sur la plateforme, des systèmes de détection des produits illégaux défaillants, des algorithmes de recommandation qui continuaient à mettre en avant des produits non conformes, et des articles signalés comme dangereux ou contrefaits qui restaient parfois en ligne pendant des semaines après leur signalement.

Le principe invoqué par Bruxelles est désormais classique en droit numérique européen : ce qui est illégal hors ligne l'est aussi en ligne. Concrètement, la Commission reproche à AliExpress de ne pas avoir mis en place des moyens humains et techniques proportionnés à l'ampleur de sa marketplace pour empêcher la circulation de produits dangereux ou contrefaits.

Une mise en demeure, pas seulement une amende

Au-delà du montant, la décision impose à AliExpress de soumettre un programme de mise en conformité avant le 20 octobre 2026. Bruxelles ne se contente donc pas de sanctionner : elle exige des correctifs vérifiables, avec la menace de pénalités supplémentaires en cas de non-respect.

Un mouvement plus large que ce seul dossier

Cette amende s'ajoute à un ensemble de mesures qu'on documente depuis des mois : la DGCCRF a fait retirer plus de 100 000 produits dangereux des marketplaces en France, la réforme du code des douanes européen rend désormais les plateformes responsables au même titre que des importateurs, et les grandes marketplaces chinoises accélèrent en parallèle leur implantation d'entrepôts locaux en Europe, en partie pour mieux absorber ce cadre qui se resserre.

La différence ici tient au terrain juridique mobilisé : la DGCCRF agit sur la conformité produit à l'échelle française, la réforme douanière sur le statut d'importateur, et le DSA sur la responsabilité de modération de la plateforme elle-même. Trois angles distincts, une même direction.

Ce que ça signifie pour vous

Si vous sourcez en Chine pour vendre sur une marketplace, cette actualité ne vous concerne pas directement, sauf si vous êtes vous-même vendeur tiers sur AliExpress. Mais elle confirme une tendance de fond utile à intégrer : les autorités européennes s'attaquent désormais aux plateformes elles-mêmes, pas seulement aux colis à la frontière. Pour un vendeur qui passe par un tiers de confiance identifié plutôt que par des circuits anonymes, cette évolution joue plutôt en votre faveur : traçabilité et conformité documentaire deviennent un avantage plutôt qu'une contrainte, un principe qu'on retrouve aussi dans le suivi proposé par l'app OrderBridge.

En résumé

550 millions d'euros, c'est l'amende la plus lourde jamais infligée au titre du DSA, et elle vise directement les manquements d'AliExpress sur la sécurité des produits vendus par des tiers. Un signal fort, dans la continuité de tout ce que Bruxelles et Paris mettent en place depuis le début de l'année contre les flux de produits non conformes venus de Chine.

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