La DGCCRF (répression des fraudes) a publié fin avril 2026 le bilan d'une enquête menée depuis le printemps 2025 sur la sécurité des produits vendus via des marketplaces étrangères accessibles depuis la France. Résultat : plus de 100 000 unités retirées de la vente, dont 57 000 jouets. Sur les quelque 600 produits prélevés et analysés en laboratoire, 75% se sont révélés non conformes à la réglementation, et 46% ont été jugés carrément dangereux.
Puériculture, jouets, électronique : les catégories les plus touchées
Les contrôles ont porté sur sept marketplaces étrangères, sans que la DGCCRF ne les détaille toutes nommément dans ce premier bilan. Les catégories les plus représentées : la puériculture, les jouets, l'électronique, le textile et la bijouterie fantaisie. 260 références avaient déjà fait l'objet d'une alerte officielle sur Safety Gate, le portail européen d'échange d'informations sur les produits dangereux, au moment de la publication du bilan.
Un point revient régulièrement dans ce type de contrôle : la responsabilité de la conformité du produit repose sur le vendeur qui le met sur le marché, souvent établi en Asie, et non sur la marketplace elle-même, sauf disposition contraire.
Les contrôles continuent mois après mois
La DGCCRF publie désormais un point mensuel. Sur le seul mois de juin 2026, 8 nouvelles références ont été retirées des places de marché où elles avaient été repérées, notamment Shein, eBay, AliExpress et Amazon, portant le cumul à 312 références retirées depuis septembre 2025. Les produits visés en juin : guirlandes LED et adaptateurs électriques, peluches et déguisements pour enfants, poussettes. La majorité provenait, selon le texte officiel, de République populaire de Chine.
Le circuit est toujours le même : un produit dangereux repéré par une autorité de contrôle européenne est publié sur Safety Gate, relayé en France sur RappelConso, puis la marketplace est tenue de retirer l'annonce et d'alerter les acheteurs déjà livrés.
Ce que ça change pour un vendeur qui sourcing en Chine
Ces chiffres ne concernent pas seulement les géants type Shein ou AliExpress. N'importe quel vendeur marketplace ou Shopify qui importe un produit électrique, un jouet ou un article de puériculture depuis une usine chinoise porte la même responsabilité réglementaire, rappelée par le règlement GPSR, avec les mêmes risques de retrait si le produit n'est pas conforme au marché européen.
C'est précisément ce que couvre le contrôle qualité fait sur place avant expédition, qui ne remplace pas une certification réglementaire mais permet de repérer un défaut ou une non-conformité visible avant que le colis ne parte de Shenzhen, plutôt que de le découvrir une fois le produit signalé sur Safety Gate.
Vérifier avant d'importer, pas après
Pour les catégories les plus contrôlées (jouets, puériculture, électronique), la bonne pratique reste de demander à l'usine ses certificats de conformité (marquage CE, rapports de test) avant de valider une commande, et de les faire vérifier plutôt que de les prendre pour acquis. Le sourcing marketplace démarre justement par cette étape de cadrage, avant même la question du transport.
