Le «surcoût environnemental» des vêtements, l'affichage censé remplacer les éco-scores maison, reste officiellement volontaire en France. Mais depuis le 1er octobre 2026, deux changements le rendent beaucoup moins facultatif pour certaines marques, y compris celles qui importent leur textile de Chine.
Un dispositif censé rester volontaire
Le décret n° 2025-957 du 6 septembre 2025 encadre ce coût environnemental, entré en vigueur le 1er octobre 2025 dans le cadre de la loi Climat et Résilience de 2021. Le calcul s'appuie sur l'outil officiel Ecobalyse et une analyse de cycle de vie qui croise 16 indicateurs environnementaux, inspirée de la méthode européenne PEF. Il prend en compte la composition du produit, son poids, les lieux de fabrication et d'assemblage, et peut intégrer des critères comme la réparabilité ou le mode de transport.
Ce qui a changé le 1er octobre 2026
Première évolution : une marque qui communique déjà sur un autre indicateur environnemental, une empreinte carbone ou un label maison par exemple, doit désormais afficher aussi le coût environnemental officiel, même si elle ne l'a pas encore calculé elle-même.
Deuxième évolution, plus inattendue : depuis cette date, n'importe quel tiers (un concurrent, une association, une plateforme de comparaison) peut calculer et publier le score d'une marque sans son accord, en utilisant des hypothèses par défaut volontairement défavorables quand les données manquent. Ne pas communiquer sur le sujet ne protège donc plus vraiment une marque qui vend du textile en France.
Une loi plus ciblée contre la «mode ultra express»
À côté de cet affichage, la loi n° 2026-602 du 8 juillet 2026 vise spécifiquement les entreprises dites d'ultra fast fashion : celles qui mettent en ligne un nombre très élevé de références neuves tout en incitant peu à la réparation. Les seuils précis doivent encore être fixés par décret, mais le texte prévoit déjà une pénalité progressive sur l'éco-contribution, de 0,25 à 12 euros par produit depuis le 1er septembre 2026 et jusqu'à 20 euros en 2030, une interdiction de publicité pour les marques concernées à partir du 1er janvier 2027, et l'obligation pour les producteurs étrangers de désigner un mandataire en France.
Cette loi cible d'abord les très gros volumes, pas la boutique qui vend quelques centaines de références sourcées en Chine. Mais elle montre une direction claire : le flou sur l'origine et l'impact environnemental d'un produit textile devient de plus en plus difficile à maintenir, même pour les plus petits vendeurs.
Ce que ça change si vous sourcez du textile en Chine
- Évitez les mentions vagues comme «éco-responsable» ou «impact réduit» si vous ne pouvez pas les justifier avec un vrai calcul Ecobalyse.
- Gardez une trace précise de la composition, du poids et des lieux de fabrication de vos produits : ce sont les données de base du calcul.
- Si vous renouvelez vos références très souvent, anticipez plutôt que d'attendre la publication des seuils du décret.
- Cette obligation s'ajoute à l'éco-contribution textile Refashion déjà en place, qui reste une filière distincte avec ses propres règles.
Entre l'étiquetage en français déjà imposé par la loi Toubon et ce nouveau coût environnemental, le dossier réglementaire du textile importé de Chine s'épaissit mois après mois. Mieux vaut s'en occuper avant de lancer une collection que de le découvrir après une mise en demeure. Pour structurer ce type de démarche au démarrage, notre page comment ça marche détaille les étapes à anticiper.


