Temu s'est fait connaître en Europe comme une plateforme qui vend en direct des produits fabriqués en Chine, sans intermédiaire local. Ce modèle évolue : la marketplace pousse depuis plusieurs mois son Local Vendor Program, un programme qui permet à des vendeurs locaux, PME ou artisans, de vendre leurs propres produits sur Temu, dans plus de 35 marchés selon l'entreprise. Une étude commandée par Temu et publiée début septembre 2026, menée auprès de 152 vendeurs locaux en Allemagne, France, Espagne, Italie, Pologne et au Royaume-Uni, donne une première idée de ce que ce programme change concrètement pour eux.
Ce que montre l'étude
Selon les résultats, la moitié des vendeurs interrogés (50 %) déclarent avoir augmenté leur capacité de production ou embauché depuis leur arrivée sur Temu, et un tiers (34 %) dit s'être développé sur de nouveaux marchés internationaux grâce à la plateforme. Trois vendeurs sur quatre (75 %) considèrent désormais Temu comme un canal de vente important, voire principal. L'étude cite l'exemple d'Ubedia, une entreprise française qui a vendu plus de 1 400 unités en quelques semaines et est passée à six salariés, ou de Money Cruncher au Royaume-Uni, qui revendique plus d'un million de commandes traitées depuis début 2025.
Une étude commandée par Temu, à lire avec la prudence qui s'impose
Il faut le dire clairement : cette étude a été commandée et financée par Temu elle-même, et porte sur un échantillon réduit de 152 vendeurs, probablement parmi les plus motivés à témoigner positivement. Elle ne dit rien des vendeurs qui ont essayé la plateforme et ont échoué, ni des marges réelles dégagées sur des produits vendus à des prix très bas. Ce n'est pas une raison d'ignorer le signal, mais une raison de ne pas le prendre pour argent comptant.
Ce que ça change pour vous si vous sourcez en Chine
Le vrai changement de fond, au-delà des chiffres de l'étude, c'est que Temu ne se contente plus d'être un concurrent qui importe en direct depuis des usines chinoises : elle devient aussi une marketplace où des vendeurs européens, qui sourcent eux-mêmes en Chine ou ailleurs, viennent vendre leurs propres produits. C'est le même mouvement que celui déjà observé chez Temu, Shein et AliExpress sur les entrepôts locaux : ces plateformes cherchent à ressembler de plus en plus à des marketplaces classiques comme Amazon ou Cdiscount, avec un mélange de vente directe et de vendeurs tiers. Pour un vendeur qui sourcing déjà en Chine pour Amazon, eBay ou sa boutique Shopify, ça ouvre potentiellement un canal de vente supplémentaire, à condition d'avoir une structure de coûts compatible avec le positionnement prix très agressif de la plateforme.
Avant de se lancer
Comme pour toute nouvelle marketplace, la question à se poser n'est pas seulement si on peut vendre dessus, mais si le produit et la marge le permettent une fois les coûts de transport et de douane intégrés. C'est là que le calcul du coût réel d'un envoi Chine-Europe prend tout son sens avant de choisir un canal supplémentaire. Et comme pour n'importe quelle nouvelle marketplace, mieux vaut tester avec un volume limité avant d'y consacrer une part importante de sa production, quitte à échanger avec notre équipe sur la meilleure façon de démarrer selon votre profil marketplace ou Shopify.
