Après les piles, les emballages, les jouets, les meubles, le textile ou les produits chimiques, une nouvelle filière REP (responsabilité élargie du producteur) mérite d'être regardée si vous importez de Chine : celle des articles de sport et de loisirs (ASL). Vélos, tentes, matériel de camping, équipements de fitness, articles de pêche ou de chasse : si vous vendez ce type de produits, même sourcés et fabriqués entièrement en Chine, vous êtes concerné au même titre qu'un fabricant français.
Qui doit s'enregistrer
La filière ASL est pilotée par l'éco-organisme agréé Ecologic, et elle est active depuis le 1er janvier 2022, pas une nouveauté de cette année. Ce qui change, c'est le barème de contribution, révisé au 1er janvier 2026. Doivent s'enregistrer et payer : les fabricants qui produisent en France, les importateurs qui mettent ces produits sur le marché français, et les distributeurs qui commercialisent sous leur propre marque. Un vendeur qui importe directement depuis une usine chinoise via un agent de sourcing devient producteur au sens de la loi, exactement comme s'il fabriquait lui-même l'article.
Les ventes réalisées sur une marketplace par un vendeur basé hors UE ne sont pas non plus hors radar : la logique de la REP considère que la personne qui met le produit sur le marché français, qu'elle soit en Chine ou en France, reste redevable de l'éco-contribution.
Quels produits sont concernés
La définition est large : tout équipement destiné à la pratique d'un sport ou d'une activité de loisirs en extérieur. Ça inclut les vélos, trottinettes, rollers et skateboards, le matériel nautique (kayaks, palmes, combinaisons), les sports d'hiver (skis, snowboards), les ballons et raquettes, le matériel de camping et de randonnée (tentes, sacs à dos), les équipements de fitness (haltères, vélos d'appartement, trampolines), ainsi que les accessoires de pêche et de chasse. C'est une bonne partie du catalogue de qui vend sur une marketplace généraliste comme Cdiscount ou sur une marketplace spécialisée loisirs.
Ce que ça coûte réellement
Le barème 2026 fonctionne par unité, selon le poids, le prix et les matériaux de l'article. Quelques repères donnés par Ecologic : un vélo vendu à moins de 100 € génère une éco-contribution de 2,82 € par unité, un vélo à plus de 1 000 € monte à 27,54 €. Une paire de chaussures de ski coûte 0,957 € de contribution. Ces montants sont facturés au producteur, pas répercutables ligne par ligne sur le client comme un supplément visible : c'est un coût d'entreprise, à intégrer dans votre prix de vente. La facturation minimale annuelle est de 200 € HT, ce qui élimine rarement un petit vendeur du dispositif.
Le risque si vous l'avez ignoré jusqu'ici
La filière étant active depuis 2022, une entreprise qui découvre aujourd'hui qu'elle aurait dû s'enregistrer ne repart pas de zéro : l'éco-organisme peut demander une déclaration rétroactive depuis la date d'obligation, avec paiement des contributions accumulées. Autre point à vérifier si vous importez ce type de produit : depuis le 28 avril 2024, l'info-tri avec le logo Triman doit figurer sur le produit ou son emballage. Un détail facile à rater quand le visuel d'emballage a été validé avec l'usine chinoise sans que ce point soit mentionné dans le cahier des charges.
À retenir
Comme pour les autres filières REP déjà vues sur ce blog (jouets, ameublement, textile), le principe est toujours le même : c'est le produit qui déclenche l'obligation, pas la nationalité de qui le fabrique. Si vous sourcez du matériel de sport ou de loisirs en Chine et que vous n'avez jamais entendu parler de la filière ASL, le bon réflexe est de vérifier votre statut auprès d'Ecologic avant de recevoir un rappel plutôt qu'un avertissement.


